Dans mon dernier bilan créatif, vous avez pu découvrir le making of de mes dernières cartes de vœux, fabriquées avec de la linogravure sur gomme. Pour imprimer ce projet, j’ai été contrainte d’utiliser ma presse taille-douce FOME 3621.

Presse taille-douce FOME 3621

Presse taille-douce FOME 3621, la vilaine bête.

Je dis « contrainte », car cette presse taille-douce, à rouleaux, n’est pas franchement l’idée du siècle imprimer de la linogravure.

En effet, une plaque de lino gravée n’est jamais qu’un gros tampon : or, si une certaine pression est nécessaire pour obtenir un motif imprimé de manière nette sur la feuille, le mouvement apporté par une presse taille-douce, ou bien une pression excessive des rouleaux, peuvent parfois provoquer un effet de « bougé », qui ruine les impressions.

Dans ce billet, je vous présente les 4 problèmes qui se posent pour imprimer une linogravure avec la presse FOME 3621, mais aussi les solutions que j’ai trouvées pour tenter de les résoudre.

En bref : je ne recommande pas l’achat d’une presse FOME 3621 pour imprimer de la linogravure (taille d’épargne). À la fin de ce billet, je suggère trois autres presses plus adaptées à la linogravure.

Je précise que ce billet n’est pas sponsorisé : il reflète simplement mon expérience personnelle.

Présentation de la presse FOME 3621

Commençons par faire les présentations : la presse taille-douce FOME 3621 est une presse en métal permettant d’imprimer au format A4.

Elle possède deux rouleaux entre lesquels doivent passer la plaque gravée imbibée d’encre, le papier et le lange.

En théorie, il y a tout ce qu’il faut pour que chaque impression fonctionne, y compris avec une plaque de lino.

En pratique, cette presse FOME est un modèle bas de gamme, destiné aux écoles d’art et aux loisirs créatifs. En tout cas, c’est présenté comme tel par le Géant des beaux-arts (Presse idéale pour les ateliers de gravure, écoles d’arts appliqués et l’art-thérapie – on se demande ce que l’art-thérapie vient faire là, d’ailleurs).

Cette précision signifie qu’il ne faut pas attendre un résultat professionnel de la presse FOME 3621. Je confirme ! 🫠

Pourquoi avoir acheté la presse FOME 3621 ?

J’ai acheté la presse FOME 3621 en septembre 2021, profitant d’une grosse promo : elle était vendue 186 € au lieu de 349 €.

C’est déjà un budget en soi – environ six fois plus cher que ma petite machine à pâtes pour faire de la gravure avec des plaques de Tetra-pak.

Mais j’avais besoin d’imprimer de plus grands formats que du A5, et me suis dit qu’une véritable presse pour la gravure serait nécessairement meilleure que ma machine à pâtes premier prix.

Avant d’acheter le modèle 3621 de FOME, j’avais déjà testé la presse FOME Basic 3622 (format A5). Déjà à l’époque, je me suis confrontée à des problèmes avec la presse FOME 3622.

Pensant que c’était simplement moi qui ne savais pas m’en servir, et que je m’améliorerais sans doute à force de faire des tirages, j’ai revendu la presse FOME 3622 et acheté le modèle supérieur, la presse FOME 3621 (format A4).

Problèmes pour imprimer une linogravure avec la presse FOME 3621

186 €, cela reste cher payé pour le piètre résultat que j’obtiens en voulant imprimer mes plaques de linogravure avec la presse FOME 3621.

Sur environ 200 tirages, un gros tiers a présenté une impression « bougée », manquant de précision, comme si la plaque, ou le papier, avaient bougé pendant le mouvement d’impression.

Effet de « bougé »

L’effet de « bougé » sur un tirage de linogravure, alias le résultat d’une bonne partie de mes tirages avec la presse taille-douce FOME 3621… 😤

Ce n’est pas faute d’avoir lu des tas de sujets sur des forums ainsi que des avis clients sur des sites e-commerce vendant la dite presse, dans l’ensemble tous négatifs (sauf celui-là, qui m’avait donné un peu d’espoir malgré tout).

J’ai aussi regardé à peu près toutes les vidéos de YouTube sur le sujet : j’en partage une sélection à la fin de ce billet.

Forte de cette auto-formation expresse, j’ai tenté de résoudre quatre problèmes qui, semblait-il, m’empêchaient d’obtenir des tirages nets avec ma presse FOME 3621.

Linogravure

Début de linogravure représentant une harpie, divinité de la dévastation et de la vengeance divine. Plus rapides que le vent, invulnérables, caquetantes, [les harpies] dévorent tout sur leur passage, ne laissant que leurs excréments, selon Wikipédia.

Solutions pour l’impression d’une linogravure avec la presse FOME 3621

Problème nº1 : le plateau de la presse FOME 3621 glisse sans arrêt

Premier problème : la presse taille-douce FOME 3621 est fournie avec un plateau en métal lisse.

Quelle drôle d’idée, alors qu’on aurait justement besoin que la matrice soit la plus stable et immobile possible sur le plateau pendant l’impression ?…

Associé au roulement inégal des rouleaux de la pression, ce plateau désespérément lisse ne donne pas du tout satisfaction, puisqu’il empêche le rouleau supérieur et le rouleau cranté inférieur d’agripper correctement la plaque pour la faire avancer quand on tourne la manivelle de la presse.

Solution : remplacer le plateau en métal par une planche de bois

Direction le magasin de bricolage pour faire découper une plaque de contreplaqué sur mesure, ce qui m’a coûté environ 9 €.

Résultat : la plaque en bois est mieux agrippée par les rouleaux, en plus d’être un peu plus stable que la plaque en métal.

Précautions : attention à l’épaisseur du bois que vous allez choisir, car l’espacement entre les rouleaux de la presse FOME 3621 n’est pas infini. Une épaisseur d’1 cm convient parfaitement ; en revanche, une planche ayant une épaisseur d’1,5 cm sera inutilisable (croyez-en ma frustrante expérience).

Au minimum, les dimensions de votre planche en bois devront être égales à celles du plateau en métal d’origine. Mais, pour avoir plus de confort lors du tirage, vous pouvez aussi prévoir de faire découper un plateau en bois plus long !

Problème nº2 : le roulement de la presse FOME 3621 est irrégulier

Malgré le plateau en bois, j’observais que l’avancée du plateau restait irrégulier au fur et à mesure que je tournais la manivelle de la presse, voire, pire, que le plateau se bloquait au niveau de ma plaque en lino, incapable de passer outre. 🫥

Solution : créer des « guides » pour guider le plateau

La solution consiste à créer des guides en lino de la même hauteur que votre matrice, pour que le mouvement soit régulier d’un bout à l’autre de votre plateau.

Beaucoup de personnes qui impriment des estampes de linogravure avec une presse taille-douce font ainsi.

Sur YouTube, plusieurs vidéos en parlent, notamment celle-ci et celle-là (toutes deux en en anglais).

Pour ma part, n’ayant pas de plaque de gomme aussi longue que le plateau, j’ai bricolé des guides d’une longueur suffisante en collant deux morceaux de gomme bout à bout. Je les ai ensuite fixés au plateau avec de l’adhésif double-face.

C’est le moment de préciser que je n’utilise pas encore de « vrai » linoleum comme support, mais des plaques de gomme de la marque Factis, modèle « Artist’s Carving Block ». Je grave ces plaques avec un kit de gouges Boesner, idéal quand on débute en linogravure.

Problème nº3 : la matrice glisse sans arrêt dans la presse FOME 3621

J’avais beau essayer de fixer la matrice au plateau de ma presse, elle bougeait toujours, que ce soit avec de l’adhésif double-face, ou en ponçant légèrement la partie inférieure de la plaque avec du papier de verre, ou encore en recouvrant le plateau de la presse FOME avec un papier texturé.

Or, une matrice qui bouge pendant l’impression, ça donne un tiragé foiré. Autant vous dire que j’ai fait beaucoup, beaucoup de tirages foirés, le temps de trouver comment fixer la matrice au plateau de manière efficace. 😭

J’étais en colère de gâcher autant de papier et de temps à cause de cette satanée presse FOME 3621, pour laquelle j’allais encore devoir sortir une solution de mon chapeau de sorcière en carton…

Solution : créer un guide pour maintenir la matrice

Ce qui a – partiellement – résolu le problème de matrice qui glisse, c’est créer un « guide » en carton permettant d’« encadrer » et de maintenir chaque plaque de gomme.

Pour réaliser ce guide-là, j’ai suivi ce tutoriel vidéo (en anglais), en réemployant le carton épais que l’on trouve au verso de certains blocs de papier.

Ensuite, j’ai fixé ce guide au plateau avec du scotch double face. Avec ça, la matrice ne bouge plus !

Inconvénient : si vous utilisez des matrices de tailles différentes, il faut créer autant de guides que de matrices. De plus, le scotch double face que j’utilise étant assez fort, il avait tendance à abîmer le plateau en bois à chaque fois que je décollais un guide.

Pour pallier ce problème, j’ai tenté de recouvrir le plateau avec du plastique, prenant exemple sur plateau personnalisé (image JPG) de Joh Peccadille, que j’avais découvert dans son billet Un an (et demi !) de linogravure, un bilan (hélas, son merveilleux blog n’est plus en ligne… 💔).

Mais cette couche de plastique m’a posé d’autres types de problèmes… J’ai donc décidé de m’en passer, estimant que remplacer le plateau en bois un jour serait facile, dans l’hypothèse où l’usage que j’en fais l’abîmerait trop.

Problème nº4 : la feuille glisse lors de l’impression

Dernier problème que j’ai renconté avec la presse FOME 3621 : la feuille de papier qui glisse lors de l’impression, car j’avais du mal à la « figer » par-dessus la matrice, malgré la présence d’un lange.

Solution : créer un guide pour maintenir la feuille

Ce qui m’a sauvée, c’est cette astuce pour créer un guide pour la plaque de lino et pour le papier – ce que les anglophones appellent un « Registration Jig ».

Ce qui est malin, c’est le décalage entre les deux couches supérieures, qui est ce qui permet de caler la feuille très précisément par rapport à la plaque de lino.

N’ayant pas de modèle ni de mesures exactes à recopier, j’ai pas mal tâtonné au début, en créant mon guide avec du papier cartonné que j’avais depuis longtemps et dont je ne savais pas quoi faire.

J’ai fixé la couche supérieure avec du masking tape (« scotch de peintre »), ce qui s’est révélé pratique pour pouvoir défaire et refaire jusqu’à ce que je trouve le bon réglage, à plus forte raison parce que j’avais deux plaques de différentes tailles à imprimer, donc deux calages différents à trouver.

Ce guide-là est définitivement celui que je recommanderais pour pouvoir imprimer une linogravure avec une presse FOME 3621 de la manière la moins frustrante possible, même si cela ne garantit quand même pas que tous vos tirages seront bons.

Conclusion

Avec ces 4 astuces, j’ai obtenu des tirages de linogravure un peu meilleurs en utilisant ma presse FOME 3621.

Forte de ces expérimentations, j’ai aussi pris conscience de l’importance du papier pour imprimer de beaux tirages. Plus le papier est lisse (pressé à chaud par exempe), plus l’impression est délicate.

A contrario, plus le papier est texturé (grain torchon, papier recyclé par exemple), plus les résultats sont bons.

Linogravure harpie

Linogravure harpie imprimée sur différents papiers.

Imprimer une linogravure avec une presse taille-douce relève donc d’une délicate alchimie entre la conception même de la presse (plateau, rouleaux, équilibre du roulement), la matrice (risque de glissement), le grain du papier et la présence d’un ou plusieurs langes.

Quelle autre presse taille-douce utiliser pour imprimer une linogravure ?

Il peut être tentant d’acheter la presse taille-douce FOME 3621 pour accélérer les tirages de linogravure (imprimer à la cuiller, au baren ou au couvercle de confiture, c’est efficace, mais au-delà d’un certain nombre d’exemplaires, ça tire sur les bras).

Mais, quitte à investir, autant choisir une presse de qualité pour la linogravure.

Voici trois suggestions, avec les prix en vigueur au 04/04/2023 :

  • Presse de gravure JM-25, une presse à rouleau recommandée par plusieurs personnes sur le forum Aquatinte. Prix : 498,29 € HT ;
  • la Presse de Chartreuse, une presse à rouleau recommandée par l’artiste Proca. Prix : de 1368 € à 1920 € (hé ouais…) ;
  • une presse Woodzilla, qui a l’avantage d’être une presse sans rouleau, fabriquée à la main aux Pays Bas. Il existe différents formats, du A5 au A2, et différents coloris. Pour ma part, j’ai opté pour le modèle A3 à 285 €. La livraison est rapide et soignée : la presse est arrivée chez nous en 4 jours ! Après quelques semaines d’utilisation, je vous confirme que je ne reviendrai jamais à la presse FOME 3621 pour imprimer de la lino, maintenant que je possède une presse Woodzilla. (Note : les presses Woodzilla sont aussi en vente sur Etsy, mais cela revient plus cher. Il vaut mieux la commander directement sur le site de Woodzilla.) Attention : une presse Woodzilla ne convient pas pour imprimer des gravures sur Tetra-Pak.
Presse Woodzilla

Presse Woodzilla, reçue en cadeau pour mes 2 x 20 ans, après l’avoir convoitée pendant des années.

Ressources sur l’impression de linogravure avec une presse taille-douce

Pour terminer, voici les ressources qui m’ont la plus aidée pour imprimer une matrice de linogravure (taille d’épargne) avec une presse taille-douce.

J’ai hélas trouvé très peu de contenus de bonne qualité en français (pour changer 🙃).

J’espère que mes erreurs et mes découvertes vous aideront. Si vous avez d’autres astuces à partager pour une impression de linogravure réussie, n’hésitez pas à les partager en commentant ce billet pour que tout le monde en profite !

Marie

Déjà 13 commentaires

  1. Le geek que je suis (ou dit-on nerd maintenant que geek a switché vers le socialement acceptable ?) adore ce genre de billets !
    Je me dis que des guides en plaques Lego permettrait une adaptabilité à tout format d’impression avec une épaisseur modulable mais il y a peut-être d’autres contraintes que je n’anticipe pas n’ayant jamais mis la main à la presse (ni dans la presse, pourvu que ça dure :P)

    Répondre

    1. Team nerd, ici aussi !

      Idée intéressante que les Lego, bien que j’aie du mal à imaginer comment les fixer au plateau (on a besoin que le « cadre » ou le « guide » qui aide à maintenir matrice et papier soit modulable, car ils ne font pas toujours les mêmes dimensions).

      Cela dit, peut-être qu’un jour quelqu’un inventera carrément une presse DIY en Lego – il y a de l’espoir, quand je vois que quelqu’un a créé une mini presse Gutenberg en Lego.

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    2. Du coup, update : une matrice en Lego.

      Répondre

  2. Bonjour madame Lune Mauve,
    Comme toujours, une revue extrêmement détaillée et un travail de malade derrière.
    Vous ne dormez donc jamais?!!
    merci pour la qualité de vos parutions et la richesse de vos expériences partagées.

    Bien astralement votre,

    Rythine

    Répondre

    1. Hé bien merci beaucoup, Madame Rythine ! Si, je dors – je me couche même avec les poules, ce qui me permet de libérer du temps au petit matin pour bricoler, ou réfléchir à ce que je vais bricoler.

      Au plaisir de vous lire encore !

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  3. Encore une pépite dans mon escarcelle pour continuer l’aventure linographique !

    Merci mille fois pour ce retour d’expérience, pour l’instant j’en suis encore au tirage à la cuillère à défaut de mieux, mais ton éclairage est précieux pour ne pas se laisser tenter par la FOME du démon.

    Je suis curieuse de savoir comment tu trouves tes idées pour de si chouettes gravures. Ici, la peur de « gâcher » une plaque et du papier souvent m’entrave dans mes créations…

    Répondre

    1. Tu as du mérite de tout imprimer à la cuiller ! Cela reste un procédé très efficace, mais que je trouve énergivore, en tout cas pour quiconque a la brillante idée de se lancer dans plus d’une centaine de tirages.

      Je n’ai néanmoins pas trouvé mieux pour imprimer une linogravure sur un carnet (je suis moins fan des barens ; ou alors celui que j’ai ne me convient simplement pas, c’est possible aussi).

      Je suis curieuse de savoir comment tu trouves tes idées pour de si chouettes gravures. Ici, la peur de « gâcher » une plaque et du papier souvent m’entrave dans mes créations…

      Souvent j’ai une idée ou un thème en tête ; il n’est pas rare que je fasse des recherches iconographiques avant de m’y mettre, pour m’ambiancer et commencer à imaginer la forme que ça pourrait prendre. Pour ça, j’utilise régulièrement mes livres, mais aussi Pinterest et Instagram : sur ces deux plateformes, j’ai des « collections » d’images sur des thèmes donnés.

      Ensuite, vient le moment de dessiner. Ce qui m’aide, c’est de faire un « crazy 8 » (méthode UX que tu connais sans doute), pour idéer et esquisser assez rapidement plusieurs hypothèses de dessin autour du thème choisi. Il y en a toujours un qui sort du lot : je pars dessus. Ensuite, la machine est en route !

      C’est vraiment rare que je ne trouve aucune idée, ou qu’aucun croquis ne me donne satisfaction. Mais quand ça arrive, c’est souvent que je cherche à faire quelque chose de trop compliqué pour mes capacités (je ne suis pas une as du dessin). Donc je revois mes ambitions à la baisse, en essayant de simplifier. Ce qui, en soi, est déjà un travail difficile, car ça suppose de synthétise des formes/concepts complexes en quelque chose de plus minimaliste. Dans ces cas-là, le bagage de designer aide bien !

      Je ne me lance jamais dans une gravure si je ne suis pas convaincue que le dessin est valable : même si les plaques en plastique coûtent bien moins cher que du vrai lino, ça a un coût financier et écologique qui n’est pas anodin.

      Après… c’est à force de faire qu’on devient de plus en plus à l’aise, même s’il y a toujours des marches à franchir, comme dans tout apprentissage !

      Répondre

  4. Quelle patience ! Chapeau pour ta persévérance. J’ai tendance à acheter du matériel à moitié adapté au prétexte qu’il est coûte moins cher, en pensant que je trouverais une astuce, mais à a lecture de ton billet, je vais plutôt faire les choses comme il faut. Pour l’instant, j’imprime au baren au coup par coup, c’est suffisant pour mes essais de débutante. Comme un autre commentaire, je n’ai pas encore passé le cap où j’arrive à expérimenter librement car j’ai trop peur de gâcher matrices et bon papier.
    La boutique d’art de ma ville a une presse de type Woodzilla parfaitement hors de prix, j’attends patiemment qu’elle soit soldée un jour pour me l’offrir :D

    Répondre

    1. Merci Audrey !

      J’ai tendance à acheter du matériel à moitié adapté au prétexte qu’il est coûte moins cher, en pensant que je trouverais une astuce, mais à a lecture de ton billet, je vais plutôt faire les choses comme il faut.

      On arrive souvent à se débrouiller avec du matériel d’entrée ou de milieu de gamme. Le matériel artistique coûte très cher, on n’a pas trop le choix que de se rabattre sur des options moins chères – à moins d’être riche et de pouvoir acheter directement du matériel haut de gamme ; ce qui me semble un peu idiot, quand on débute, de toute façon.

      Et les presse coûtent vraiment très cher, alors je comprends tes réticences à investir une pareille somme ! Si tu fais de la lino régulièrement, ça sera vite amorti.

      je n’ai pas encore passé le cap où j’arrive à expérimenter librement car j’ai trop peur de gâcher matrices et bon papier.

      Ce que tu perçois comme du gâchis, je le perçois comme les preuves matérielles d’un apprentissage. L’expérience d’apprendre les bons gestes ne peut se faire qu’en faisant ces gestes.

      Cetes, les matrices en plastique ne sont pas chères, mais ont un coût écologique. Et je n’ai pas connaissance d’autres matières équivalentes qui seraient biodégradables… Ça viendra peut-être ! Il y a bien des peintures écologiques.

      En attendant, pour le papier : tant que tu n’es pas sûre de toi, il vaut mieux s’exercer avec du papier machine ou journal. De mon côté, je récupère tous les papiers qui me passent sous la main (factures, enveloppes, etc.) ; du moment qu’il y a une zone vierge assez grande pour tester mes gravures A5, ils rejoignent ma pile de papier de brouillon. Quand j’ai termine, je les recycle. Et voilà, pas de gâchis.

      Cela nécessite pas mal de tests avant de trouver « le » bon papier qui te conviendra. Là aussi, ça demande pas mal de tests et de tirages moyens. Parfois les magasins de beaux-arts donnent des échantillons gratuits de papier ; ça peut être une source. Sinon, j’en trouve parfois en vide-grenier (mais ils n’ont pas toujours été conservés à l’abri de l’humidité, alors leur qualité n’est pas toujours la meilleure).

      Autrement, je profite des soldes (souvent à la rentrée de septembre) pour faire du stock de papier. En France (et peut-être de ton côté de l’océan aussi), Clairefontaine propose des gammes de papier de bonne qualité à des prix assez abordables quand ils sont en promotion.

      Enfin, les tirages « râtés » peuvent parfois être upcyclés et réutilisés dans d’autres projets (cartes de visite, réimpression par-dessus, … on peut imaginer plein de choses).

      Tout ça pour te dire que, les appréhensions que tu ressens, tout le monde les ressent au début, et c’est normal ! Mais plus tu feras, plus tu sauras faire, et moins tu auras l’impression de « gâcher ».

      Répondre

  5. Sumitsuki

    7 avril 2023

    Coucou Marie, j’aime globalement tous les sujets que tu abordes sur cette insubmersible Lune, mais j’avoue que les billets « techniques » aux doigts pleins d’encre et de cambouis me font particulièrement fondre ! ^.^
    Et j’apprécie grandement de comprendre lorsque quelque chose ne marche pas, donc merci pour tous les détails et solutions. Le jour où ma louloute voudra tenter la chose (ce qui arrivera, elle est assez « testeuse ») je saurai vers quoi me tourner !
    Pour la mention « art-thérapie » j’ai bien l’impression que ça surfe sur la vague depuis un moment… il y a plus de 400 formations portant ce nom en France, certaines sérieuses et d’autres franchement guignolesques. Le moindre cahier de coloriage s’appelle art-thérapie, autant que les ateliers les plus pointus et les plus résilients en la matière. Bon… ça passera quand un autre terme prendra le relais !

    Répondre

    1. Coucou ! Merci pour ton message, ça me fait vraiment plaisir – en particulier sur un billet plus « technique » et spécifique que d’habitude. J’aurais adoré lire un billet similaire quand j’ai commencé à me confronter à ces différents problèmes ; j’ai écrit le mien par empathie à l’égard des personnes qui se confronteront à ce type de problématiques. J’espère que cela pourra aider ! Parfois, en lisant les solutions trouvées par quelqu’un, ça donne des pistes pour créer les siennes propres (en ça, je trouve que les blogs restent précieux : même si on trouve beaucoup de choses sur YouTube, les vidéos sont rarement sous-titrées et retranscrites, donc excluantes pour beaucoup de monde).

      J’espère que ta louloute découvrira les joies de la gravure ! Apparemment, les ateliers de gravure sur Tetrapak ont un succès fou avec les enfants, et ne requièrent pas de matériel cher (un tube d’encre taille-douce lavable à l’eau, du Tetrapak récupéré d’un pack de lait végétal ou de jus de fruits, une machine à pâtes, du papier, et c’est ti-par). Sinon, graver des formes simples dans des pommes de terre coupées en deux, et les tamponner avec de l’acrylique ou de la gouache, fait aussi très bien le job !

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  6. Bonjour Marie,
    Merci pour cet article très éclairant!
    Penses-tu qu’une presse Woodzilla convienne pour du tirage Tetra-Pak? Ou la terrible FOME est-elle plus adaptée?

    Répondre

    1. Bonjour Anne, merci pour ton message ! Non, une presse Woodzilla (taille d’épargne) ne fonctionnera pas pour un tirage Tetra-Pak (taille-douce). Pour imprimer une gravure Tetra-Pak, il te faut en effet une presse adaptée à la taille-douce, comme une presse FOME. Mais, en réalité, les presses FOME sont difficiles à manier quand on débute, la preuve… Cependant, il existe d’autres presses taille-douce, certes un peu plus chères, qui semblent plus faciles à utiliser. Par exemple la presse de gravure JM-25, que je mentionne dans mon billet. Si tu la testes, ou si tu en testes une autre, cela m’intéressera d’avoir ton avis !

      Répondre

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