Que ce soit à Londres ou à Paris, s’il y a bien un film dont l’affiche est placardée absolument partout, c’est Le Discours d’un roi.

J’ai eu la chance de le voir en avant-première, et j’ai été séduite, et ce en dépit de mon manque d’intérêt total pour la noblesse anglaise…

Affiche du film Le Discours d'un roi

Synopsis

Le Discours d’un roi met en scène le Duc d’York (« Bernie » pour les intimes – ça ne s’invente pas), futur roi d’Angleterre, et son handicap, le bégaiement. Le film commence d’ailleurs par une humiliante scène de discours public, où le personnage incarné par Colin Firth se prend un four monumental alors qu’il ne réussit pas à prononcer un discours devant un stade entier… On en est gêné pour lui, et, forcément, l’empathie commence.

Colin Firth et Helena Bonham Carter

Sa femme, Lady Elizabeth Bowes-Lyon, incarnée par la délicieuse Helena Bonham Carter, souhaite l’aider et réussit à le convaincre de consulter Lionel Logue, un orthophoniste australien émigré à Londres. Farouchement sceptique face aux méthodes peu orthodoxes de Logue, Bernie refuse tout d’abord de travailler avec lui.

Mais l’Histoire en décidera autrement : tandis que Edouard VIII, son frère aîné et actuel roi d’Angleterre, abdique pour se marier avec Wallis Simpson, une Américaine déjà divorcée deux fois (et collabo notoire, ce que le film n’évoque que du bout des lèvres), le Duc d’York est proclamé roi d’Angleterre. Devenu George VI, il lui faut absolument combattre son handicap pour pouvoir s’adresser à la nation, à l’heure où l’usage de la radio à des fins politiques prend son essor et que la Seconde Guerre mondiale menace d’éclater.

Critique

Mais revenons-en à l’homme. Incarné par un Colin Firth plus mature, enfin libéré des rôles de beau gosse anglais de service et fraîchement récompensé aux Golden Globes, le personnage de Bernie compense son handicap et sa timidité par une rigueur à toute épreuve. Grand et sec, dessiné dans des costumes impeccablement taillés, Bernie est aussi ridicule quand un médecin lui met des billes dans la bouche pour le forcer à bien prononcer, que touchant lorsqu’il fond en larmes dans les bras de sa femme au moment de sa nomination en tant que souverain.

Le Discours d'un roi

Et c’est bien là que Le Discours d’un roi tire toute sa force et tout son intérêt : la mise en scène d’un personnage viril, politiquement puissant, physiquement imposant, qui est pourtant présenté comme vulnérable voire même ridicule dès qu’il ouvre la bouche. Le handicap n’est pas abordé d’un point de vue physique, et c’est même presque une surprise car nous ne sommes pas habitués à voir quelqu’un de beau ayant un problème d’élocution aussi handicapant au cinéma. Surtout un roi !

La rééducation de Bernie, aux bons soins du piquant Logue (Geoffrey Rush), vaut quant à elle seule le déplacement. Dans l’intimité de son grand cabinet, l’orthophoniste emploie des méthodes nouvelles et inattendues – par exemple, faire lire un chapitre de livre à son patient, tandis que celui-ci écoute de la musique très fort au casque. Tout un tas de petites séquences tantôt graves, tantôt amusantes, magnifiées par des cadrages très originaux. La photographie donne au film une coloration très british – brumeuse, vintage et sévère.

Colin Firth dans Le Discours d'un Roi

Le film n’est cependant pas dénué de longueurs, et semble avoir appliqué à la lettre le petit manuel pour la course aux Oscars. Comprendre : un synopsis ambitieux, un scénario bien écrit mais dénué de cette petite touche de génie qui aurait fait la différence (mais peut-être que le sujet ne s’y prêtait pas ?), des acteurs impeccables et même implacables, et une morale assez prévisible.

Le grand final du film – le discours de George VI après des mois de travail, déclarant la guerre à l’Allemagne nazie – est bien entendu prévisible dès le début, mais réussit néanmoins à provoquer son petit frisson. Tout le film est comme ça, en réalité : une sorte d’histoire personnelle tranquille, mais brusquée par les à-coups de l’Histoire, des moments intenses et bouleversants, néanmoins atténués par le légendaire flegme britannique.

Marie

2 commentaires

  1. J’ai passé un bon moment devant :)
    Par contre je vais passer pour un afficionado mais honnêtement pour avoir entendu la bande-annonce française et vu le film en anglais : courrez vers les scéances en vostfr si vous ne voulez pas risquer un fou-rire malencontreux.

  2. Ah oui tu fais bien de préciser !! J’ai vu le film en VOST et effectivement, je pense que ça doit perdre tout son charme en VF.

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