Je ne sais pas pour vous, mais l’été m’a toujours fait un effet bizarre.

Quelque part entre une mélancolie intense et une excitation suprême (parce que les longues vacances qui approchent, m’voyez).

Mais on s’en fout, on a de la bonne toune dont se farcir les oreilles, alors tout va bien.

Lisieux – I

Style : dark folk

Inspiré par l’underground gothique des années 80 (Death In June, Current 93, Sol Invictus, ou encore Dead Can Dance) et nourri par l’imaginaire liturgique, Lisieux est un trio toulousain qui joue une folk sombre, puissante, contemplative et particulièrement entêtante.

La voix haut perchée de Cindy Sanchez, qui joue également de la guitare et du synthé, fait office de fil d’Ariane dans le labyrinthe obscur dans lequel on se retrouve à déambuler…

Il paraît que leurs concerts ont des allures de messes noires, et que leur nouvel opus sortira en septembre 2019. Miam !

Maintenant que je vous ai parlé de Lisieux, il faut aussi que vous écoutiez Candélabre, un groupe de shoegaze français dans lequel officie également Cindy. Deux découvertes que je dois à l’excellent Musicophages, un webzine indie de grande qualité.

Marissa Nadler et Stephen Brodsky – Droneflower

Style : folk rock expérimental

Sur le papier, la folk spectrale de Marissa Nadler a tout pour me plaire. Et pourtant, cela fait des années que je galère à accrocher, trouvant ses albums successifs un chouïa trop plaintifs et monotones.

Aussi, c’est presque avec soulagement que j’ai accueilli Droneflower, son side project avec Stephen Brodsky, chanteur et guitariste lui aussi.

La voix légère de Nadler est soutenue par des riffs dissonnants et sombres de Brodsky, et je crois que c’est cette inquiétude doomesque et l’ambiance cinématographique qui me manquaient pour pleinement apprécier l’effort.

Cela devrait plaire sans trop de mal aux fans de Chelsea Wolfe.

Annwn – Orbis Alia

Style : néoclassique

Cela fait littéralement six mois que j’oublie de vous parler de cet album somptueux qu’est Orbis Alia de Annwn. C’est donc en pleine canicule que je me décide enfin à vous chanter les louanges de cette pépite crépusculaire et profondément triste, car c’est une bande son parfaite pour se terrer dans une crypte bien fraîche en compagnie d’une mélancolie bien épaisse.

Harpe, flûtes, percussions, violoncelle, nyckelharpa, et de nombreuses et belles voix font de Annwn un très beau projet néoclassique. Si vous aimez Loreena McKennitt, Alan Stivell ou Clannad, vous devriez plonger la tête la première dedans.

Shana Cleveland – Night of the Worm Moon

Style : psych-folk

Et puisqu’on aime ça, la mélancolie, j’en profite pour vous toucher un mot à propos de Night of the Worm Moon, le premier album solo de Shana Cleveland (membre de La Luz).

L’instrumentation y est minimale (guitare acoustique, synthés et chant, en gros), le rythme doux, et le résultat irradie d’une tendresse triste qui vous remplit de vague à l’âme.

Un album introspectif et onirique, qui me rappelle vaguement Blonde Redhead, à écouter idéalement à la tombée de la nuit.

En savoir plus : La Luz’s Shana Cleveland on Collaboration, Visual Art, and Outer Space.

Lidwine – Nocturne

Style : electro ensorcelé

Quelle curiosité que ce Nocturne de Lidwine de Royer Dupré ! Un objet musical pas vraiment identifié, ultra poétique, intense, mystérieux et invocatoire.

Lidwine avait pourtant décidé de tirer un trait sur sa carrière musicale il y a deux ans, lassée de l’indifférence générale à laquelle se heurtait sa musique. Mais la flamme s’est rallumée à la lecture de l’ouvrage La Normandie romanesque et merveilleuse : traditions, légendes et superstitions populaires de cette province d’Amélie Bosquet (que je me suis empressée d’acheter, vous pensez bien, avec un titre pareil).

C’est donc de sorcellerie et de songes que parle Nocturne, sous un angle féminin. Certains morceaux contiennent des enregistrements de sons ambiants réalisés de nuit dans la campagne du Cotentin.

Lidwine a troqué sa belle harpe pour des sonorités électroniques, et a fabriqué ce disque en solo. Elle recommande d’écouter Nocturne au casque un peu fort, lors d’une marche nocturne dans les bois ou dans la campagne. Si vous n’avez pas ça à portée de main alors votre lit douillet, lumière éteinte… fera l’affaire.

Bon, et puis parce que moi, la harpe, j’adore ça, je ne résiste pas à partager avec vous ce « duo pour fantôme », où Lidwine est à la harpe, donc, quelque part dans une église en Normandie :

Pour en savoir plus : L’esprit poète de Lidwine de Royer Dupré.

Darkthrone – Old Star

Style : black metal

Bon, alors là, changement radical de style. Terminées la finesse, la subtilité, la mélancolie et la poésie des albums que j’ai évoqués jusqu’à présent : Darkthrone n’a jamais fait dans la dentelle, et ce n’est pas avec Old Star que ça va changer.

Pour être tout à fait honnête, j’ai beaucoup hésité à évoquer cet album. Je l’aime tellement que j’ai voulu en parler dès sa sortie, allant même jusqu’à prendre un selfie ridicule en compagnie du vinyle violet, dans l’optique de le poster sur Instagram pour partager ce coup de cœur musical.

Et puis, grâce à un éclair de lucidité salvateur, je me suis soudain interrogée sur la ligne politique du groupe. Parce que la scène black est gangrénée par des grappes de nazillons (NSBM et völkish), et qu’il est impossible de faire comme si de rien n’était, en mode « non mais moi tout ce qui m’intéresse c’est la musique ». Cet argument, hélas, ne tient pas, car l’art est politique, qu’on le veuille ou non.

Un petit tour sur Metalorgie et consorts m’a confirmé que Darkthrone a sérieusement pué du cul à leurs débuts. Même si depuis Panzerfaust (dont certains textes ont été écrits par Varg Vikernes 🚮), Darkthrone a multiplié les dénégations quant à certains de ses choix artistiques, qui auraient davantage relevé de la provoc’ de jeunes cons (Fenriz avait 23 ans à la sortie de Transilvanian Hunger) que d’un engagement politique quelconque de la part de ses membres actuels.

Mais bon, la trace de merde subiste et continue à empester.

Le côté positif, c’est que cette immense déception doublée d’une nécessaire prise de conscience m’a sur-motivée à découvrir des groupes de metal rouges, noirs, féministes, et/ou queer. Je suis donc présentement en pleine exploration musicale, et accueillerai avec grand plaisir toute recommandation de groupe de black anti-fa que vous pourriez me faire, dans l’optique d’écrire un billet dédié le moment venu.

J’ai déjà dévoré la série que Simonæ a consacré aux problématiques du milieu metal :

Mais il y a sans doute d’autres écoutes, lectures et visionnages que vous pourriez me recommander ! Alors n’hésitez pas. (Edith : on est déjà en train de brainstormer sur Instagram, allez jeter un œil.)

Pour terminer sur une note plus positive

Comme ça me faisait un peu braire de terminer ce billet sur du black metal qui pue des fesses, j’ai décidé de parler d’une musicienne talentueuse ET décente, à savoir : Chelsea Wolfe.

Elle vient en effet d’annoncer la sortie de son prochain album, Birth of Violence, pour le 13 septembre 2019 (un vendredi, forcément). Le petit teaser ci-dessous met déjà bien dans l’ambiance :

La musique que l’on entend dans cette vidéo n’est autre qu’un extrait du premier single de l’album : The Mother Road, qui est excellent.

Et puis bon, sans surprise, coup de cœur pour les premières photos promo, prises par Nona Limmen :

Bloom and eclipse them, wake up and transform

Et si vous n’en avez toujours pas assez, il y a encore 20 chansons goth contemporaines à écouter par ici.

Pfiou ! Allez, à plus.

Marie

Déjà 12 commentaires

  1. Ca me plaît beaucoup Lisieux. :-*

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    1. Chouette ! Je suis contente que tu aimes.

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  2. Merci encore, superbes musiques, comme d’habitude !

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    1. Je t’en prie ! Merci pour ton retour, ça me fait plaisir :) (J’ai toujours peur de me prendre des vents monumentaux en publiant mes playlists.)

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  3. Merci pour cette nouvelle sélection ! :)
    Droneflower va s’ajouter à ma longue liste de musiques inspirantes.
    Et Chelsea Wolfe, ce n’est pas la première fois que je la vois évoquée ici, mais c’est la première fois qu’en écoutant l’extrait que tu postes, ça fait « tilt » ! Il va falloir que je remonte la piste maintenant ^^

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    1. Ah chouette, je pense que tu peux sérieusement te régaler ! Si le côté « noise » de certains de ses albums te pèse, n’hésite pas à commencer avec Unknown Rooms, son album acoustique, qui est sublime.

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      1. Je note le conseil ;) Merci !

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  4. Merci ces musiques mettent du baume au coeur !

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    1. Je suis ravie ! Merci d’avoir laissé un petit mot.

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  5. Absinthia Taetra

    25 juillet 2019

    Candélabre…Quelle belle découverte!
    Je ne connaissais absolument pas ce groupe.
    Ravie de faire sa découverte! Hâte de découvrir les précédentes sélections.

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    1. Hello ! Sois la bienvenue par ici, et merci beaucoup pour tes chouettes commentaires !

      Je suis contente de te transmettre le flambeau concernant Candélabre, ayant moi-même fait leur découverte il y a peu. Bonne écoute !

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      1. Absinthia Taetra

        11 août 2019

        Bien le bonsoir, me voilà, merci pour ton commentaire. Bon il faut juste que je me calme un peu car j’ai tendance à écouter le morceau en boucle :) Hâte de parcourir ton blog et de faire de belles découvertes. Je me rends compte que je me suis complètement déconnectée de la scène actuelle, ce qui est fort dommage quand on tombe sur ce genre de pépite! Je ferai suite à ton autre commentaire dans la semaine cette semaine (un de nos chats ayant décidé ce soir de prendre le curseur pour une proie…) A très bientôt.

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