Mercredi 7 janvier 2015, tout avait plutôt bien commencé.

J’attaquais le troisième jour de la rentrée sous un ciel mauve ombré, qu’éclairait la pleine lune :

Ombré mauve

Plus je me rapprochais de ma destination, plus je me rapprochais de la lune, et plus il était impossible de la photographier.

Pas avec mon iPhone, en tout cas.

Dans le train, j’avais rédigé ce que vous auriez dû lire ce soir : une jolie petite tartine enthousiaste, colorée et bien sous tout rapport.

En fin de matinée, mon collègue Vincent m’envoya un lien dans lequel je distinguais vaguement les mots « armes à feu » et « Charlie Hebdo ». Mais, toute concentrée que j’étais sur un problème ô combien important de CSS, j’omis de cliquer dessus.

Ce n’est que lors de la pause déjeuner, en consultant Twitter, que j’ai pris conscience de ce qui s’était passé.

Nous sommes tous Charlie

48 heures plus tard, j’ai toujours du mal à trouver les mots pour exprimer mon indignation, mon incompréhension et ma tristesse.

Je suis rivée à Twitter, je dévore à tour de bras tous les articles qui passent. J’ai même acheté Libé, pour la première fois depuis longtemps.

Je me traîne un cafard pas possible.

Et le dénouement de cette histoire est loin de me mettre du baume au cœur.

Enfui, l’espoir de commencer l’année gaiement : le premier janvier, j’ai perdu ma grand-mère, et le sept, la terreur s’est abattue sur Charlie.

Les évènements de ces derniers jours m’ont secouée, au point que j’ai effacé le billet que j’avais écrit ce matin-là.

Ce soir, je publie malgré tout la moisson photographique du moment, parce que je me suis promis de le faire chaque semaine, pour continuer à apprécier chaque petite chose, chaque jour.

Mais le cœur n’y est pas vraiment.

Marie

12 commentaires

  1. Marie,
    je partage ton état d’esprit, comme beaucoup d’entre nous j’oscille entre tristesse émotion et colère… Les mots me manquent. Je t’envoie un sourire, un geste de réconfort pour ta grand mère. Je sens beaucoup de tristesse dans ton billet. Les coup du sort sont difficiles à gérer, mais sache que te lire est toujours un plaisir tu nous apporte des onde positives, des découvertes des interrogations…et mêmes parfois des réponses. Alors je tente en retour de t’envoyer du courage et de l’amitié toute virtuelle qu’elle soit. Concernant Charlie..à nous de ne pas oublier.. demain mais aussi sur la durée

    1. Merci pour ton commentaire et pour ton amitié, Viny. Cela me touche beaucoup !

  2. Merci Marie pour ce billet.
    Je crois qu’on est beaucoup comme ça… L’impression qu’un bus nous a roulé dessus, mais la certitude qu’il faut rester debout. #NousSommesCharlie

    1. Ouais !

      J’espère maintenant que le bel élan de fraternité auquel on assiste depuis quelques jours va durer, et ne pas s’évanouir aussi rapidement qu’il est arrivé. À nous de maintenir le feu sacré, de continuer à lutter contre le racisme et à recouvrir le monde de bienveillance.

  3. Merci pour tes mots, je n’arrive pas à les dire, je ne sais plus quoi ressentir : colère, tristesse, désarroi, indignation.

    Heureusement que ce post m’attendait sagement, tes photos m’ont donné une petite bouffée d’air frais et m’ont changé les idées.

    Je t’embrasse, je te serre dans mes bras.. et courage. Courage.

    1. Merci Candice ♥︎

  4. On a tous ces derniers jours en tête, ces discussions avec nos proches, cette boule dans la gorge qui a du mal à descendre.
    Comment réagir du coup ? Comment tout ceci peut-il se résumer en un tweet, un article de post, comment partager ce que finalement tout le monde vit ?
    Peut-on continuer à poster nos articles habituels, cela n’a-t-il pas quelque chose d’indécent ?
    Tes mots donnent ta réponse à toi à ces questions, merci pour cela. Je pense qu’il est important que chacun laisse son témoignage, d’une forme ou d’une autre – on se rappellera tous de ces jours, et ça fait du bien de lire qu’on n’est pas tout seul à se sentir perdu et encore sous le choc.

    1. On a tous ces derniers jours en tête, ces discussions avec nos proches, cette boule dans la gorge qui a du mal à descendre.

      C’est tout à fait ce que je ressens et ce que je constate autour de moi.

      Peut-on continuer à poster nos articles habituels, cela n’a-t-il pas quelque chose d’indécent ?

      Cette question, je me la suis posée avant de rédiger la seconde mouture de mon billet. Je pense que chacun d’entre nous réagit différemment à ce genre d’évènements. Certains ont besoin de se recueillir, de disparaître quelques temps ; moi, j’ai besoin d’évacuer, de mettre des mots sur ce que je ressens, de ne surtout pas rester seule avec ce gros cafard.

      C’est bête, mais les images des rassemblements « Je suis Charlie » de par la France et le monde m’ont vraiment mis du baume au cœur. J’ai eu la sensation de ne pas être seule, d’avoir l’autorisation d’être triste et de fonctionner un peu au ralenti.

      Je pense qu’il est important que chacun laisse son témoignage, d’une forme ou d’une autre – on se rappellera tous de ces jours, et ça fait du bien de lire qu’on n’est pas tout seul à se sentir perdu et encore sous le choc.

      Exactement. Comme je le disais à Arnaud, j’espère surtout que cet élan fraternel ne s’éteindra pas de sitôt. Moi qui étais convaincue depuis quelques années que nos concitoyens sont devenus totalement égocentriques, xénophobes, homophobes et islamophobes, je suis agréablement surprise de voir des rassemblements aussi spontanés et populaires.

      Mais cela ne doit pas nous endormir ; la routine et les mauvaises habitudes vont bientôt reprendre leur cours. Ce n’est qu’une trève, et je pense qu’elle sera de courte durée.

  5. Une grosse pensée pour toi Marie, pour la disparition de ta grand-mère. Même s’il se trouve toujours quelqu’un (va savoir pourquoi) pour nous dire plus ou moins finement dans ces cas-là que « ça fait partie de l’ordre des choses », eh bien je trouve quant à moi que ça fait un sacré désordre et un sacré manque dans nos vies, et que c’est difficile à passer. J’ai vécu ça il y a deux ans, je m’associe bien à ta peine <3

    (et je pense en outre que les événements horribles de cette période sont d'autant plus traumatisants que l'on est dans une phase émotionnelle fragile, à vif, et tout)

    Prends soin de toi, et continue si tu en as le coeur les petites images du quotidien, c'est une démarche super chouette, à plein de niveaux.

    (N'étant pas sur mon éternel smartphone habituel, je poste pour une fois directement sur ton blog, j'espère que ça va fonctionner, d'habitude je n'y arrive pas ce qui me fait atterrir sur FB ou Instagram ! Bref, des bises <3)

    1. Merci, Fa <3 Ta bafouille m'a fait chaud au cœur, sincèrement. Un sacré manque dans nos vies : oui, c’est ça. Pas vraiment physiquement, mais intellectuellement. L’idée qu’une personne dont tu descends n’est plus, que son monde non plus, que ses affaires seront partagées aux quatre vents, ou bien jetées… Sans parler de l’ombre de la maladie, qui plane comme une menace. -_-

      Prends soin de toi, et continue si tu en as le coeur les petites images du quotidien, c’est une démarche super chouette, à plein de niveaux.

      Merci ! Je veux continuer à voir et à faire le bien, autant que possible. La portée est limitée, mais c’est toujours mieux que rien.

      (N’étant pas sur mon éternel smartphone habituel, je poste pour une fois directement sur ton blog, j’espère que ça va fonctionner, d’habitude je n’y arrive pas ce qui me fait atterrir sur FB ou Instagram ! (…)

      Bah mince alors ! À l’occasion, ça m’intéresserait de savoir quel(s) message(s) d’erreur tu obtiens quand tu essaies de publier sur mon blog et que ton commentaire est rejeté. C’est pas cool du tout !

  6. Bonjour a toi Marie,

    Je te souhaite de reprendre le dessus a cause du déces de ta grand-mère, que tu puisse trouver la force qui te permettra d’avoir une vie apres cette épreuve.
    La perte d’un etre cher est toujours difficile.

    Amicalement

    1. Merci !

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