Je me suis plongée dans Cathédrale de John Howe en préparant un nouveau week-end à Strasbourg. Quelle merveille que ce livre !

La toute première édition française est parue chez Bueb & Reumaux à Strasbourg en 1987. Je l’ai chinée pour trois sous lors d’un séjour dans le Morbihan.

Cathédrale de John Howe est un livre illustré qui suit les aventures d’un jeune garçon, Nathanaël, dans les hauteurs de la cathédrale de Strasbourg.

Il rencontre tout un tas de personnages, dont l’un m’a vaguement rappelé Vérité dans L’Assassin royal de Robin Hobb – épopée que John Howe a illustrée par ailleurs (amour éternel pour ce dessin de Fitz et le Fou).

Vue de la place où se dressait la Cathédrale, la ville paraissait tassée dans la brume. Le monument lui-même semblait jaillir jusqu’aux nuages et, même si les gens sérieux ne s’en étaient jamais aperçu, il soutenait la lune.

Or, contrairement aux petits enfants, aucun adulte ne lève plus jamais la tête.

Ils ont tous le nez plongé dans leurs petites affaires et ne font guère attention aux gargouilles de la Cathédrale qui claquent des doigts avec insolence et se chatouillent le ventre en narguant les passants.

Les dessins et aquarelles de John Howe pour Cathédrale sont extraordinaires. J’ai eu le souffle coupé en tombant sur cette double page :

Vue aérienne des hauteurs de la cathédrale avec des corbeaux

J’ai aussi été ravie de tomber sur un détail représentant deux gargouilles à la queue de poisson, car j’ai immédiatement reconnu de quelle statue John Howe s’est inspiré : une statue de sirène datant de 1571, conservée au merveilleux Musée de l’Œuvre Notre-Dame à Strasbourg.

Cette statue m’a moi-même envoûtée, d’ailleurs j’en ai fait une linogravure début 2025. Cette coïncidence m’amuse beaucoup !

Linogravure représentant une sirène à double queue

Exposition John Howe à Landerneau (2024)

J’en profite pour vous dire un mot de la superbe exposition Sur les traces de Tolkien et de l’imaginaire médiéval. Peintures et dessins de John Howe, que j’ai vue à Landerneau en janvier 2024. À l’époque, je faisais une pause de blog, et je n’avais pas documenté cette expérience mémorable.

Car c’est quelque chose de voir des images dans les livres ou même sur Internet, mais c’en est une toute autre que de les observer dans la vie palpable.

Réaliser que tel dessin est, en fait, immense. Apprécier le souci de la trame dessinée à l’arrière-plan de tel dessin. Admirer l’utilisation des couleurs, qui ne sont pas dénaturées par un mauvais calibrage d’écran ou un support insolé. Le temps passé dans les musées n’est jamais du temps perdu.

Un autre aspect qui m’a plus pendant cette exposition, c’est le dialogue entre le travail de John Howe et les œuvres d’autres artistes, à différentes époques.

Mur recouvert d’un dessin de dragon avec des cadres

Si l’exposition John Howe faisait la part belle à son interprétation de l’univers de J.R.R. Tolkien, dont Le Seigneur des Anneaux, le début du parcours permettait d’admirer quelques planches originales de Cathédrale. Voir certaines œuvres originales m’a donné envie de lire le livre.

Dessin

Dessin de la page de garde de Cathédrale, John Howe, tous droits réservés.

John Howe est canadien, mais il a fait ses études aux arts déco de Strasbourg. À la fin de Cathédrale, et dans une vidéo présentée pendant l’expo, il explique qu’il a eu un choc en découvrant la cathédrale de Strasbourg. Ça existe vraiment !, s’exclame-t-il alors.

Il développe ce ressenti dans la brochure qui accompagne l’exposition :

J’ai découvert pour la première fois l’architecture gothique en France. Le Canada est un pays jeune, en particulier l’ouest du Canada, par conséquent l’histoire de l’architecture, sans être complètement absente, restait théorique et issue des livres. Contempler réellement une cathédrale constitua un immense choc culturel. Cela m’a sans doute ouvert les yeux, et depuis lors, je me suis efforcé de les garder ouverts.

En ce moment à Neuchâtel, en Suisse, vous pouvez admirer les œuvres de John Howe pendant l’exposition Voyage dans les mondes de John Howe, qui se tient jusqu’au 18 octobre 2026 à la Tour Fantastique.

Marie

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