Disclaimer : dans ce billet, je parle des amitiés nées ou construites dans un contexte non numérique et je me demande si c’est une bonne chose de les vivre au moyen d’Internet. Je redoute que certaines de mes propres amitiés IRL puissent devenir irréelles à force d’être désincarnées sur le net, notamment à travers nos usages sur les réseaux sociaux.
En réfléchissant à mon propre comportement « amico-numérique » et à mes attentes dans ce domaine, j’ai réalisé à quel point ce sujet est sensible pour moi. Mon intention ici est d’y réfléchir par écrit avant d’en discuter en particulier avec les amix qui le souhaiteront.
À la fin du billet, je parle au contraire des amitiés nées sur Internet, qui soulèvent selon moi des problématiques un peu différentes.
Précisions sur le vocabulaire : j’utilise la graphie « amix » au lieu de « ami·es » pour refléter la diversité des identités de genre. J’aurais pu utiliser le mot épicène « potes », mais il m’évoque quelque chose d’un peu moins profond que « amix » ou « ami·es ». Or ce billet explore justement le sujet des relations amicales profondes.
Par « amix IRL », je désigne les amitiés nouées en dehors d’Internet. Le mot « IRL » désigne les premières lettres de in real life, qui signifie « dans la vraie vie » en français.
Oui, Internet fait aussi partie de notre vraie vie ; mais il désincarne les rapports humains et, ce faisant, il peut donner une fausse impression de proximité. C’est cela qui m’occupe l’esprit aujourd’hui.
Suivre ses amix IRL sur Internet, fausse bonne idée ?
Parmi tout ce que j’ai lu ces dernières semaines, ce billet de Tracy Durnell a mouche (dire qu’il m’a même fait mal serait plus juste) : Two modes of Internet use.
Ce billet commence par une question : est-ce que je souhaite qu’Internet soit l’extension de mes relations sociales hors ligne, ou bien qu’il en soit distinct ?
Selon Tracy, la plupart des gens choisissent la première option. Pourtant, elle observe que ses propres relations sont plus saines quand elle ne suit pas ses proches et amix sur les réseaux sociaux.
Elle met le doigt sur un truc très juste, qui me tourmente depuis longtemps : suivre nos amix sur les réseaux sociaux nous donne l’impression de savoir ce qui se passe dans leur vie sans avoir à interagir avec elleux, et cela finit par les réduire à n’être plus que des relations parasociales.
Certes, je te vois partager de jolies stories ou d’intéressants articles, que je lis et like quand je peux, mais je ne peux pas savoir comment tu vas vraiment à moins que tu ne l’exprimes toi-même ou que je prenne soin de te le demander. Il est facile de se laisser bercer par l’illusion que tout va bien pour nos amix en se contentant de consulter leurs publications numériques, par ailleurs rarement dénuées de biais, notamment la désirabilité sociale.
D’où l’importance à mes yeux d’ancrer nos amitiés dans un rapport personnel, si possible en dehors d’Internet, au moins de temps en temps : s’envoyer un e-mail rempli de « vraies » nouvelles (≠ small talk) ou bien une lettre, s’appeler, se parler, se revoir, passer du temps ensemble…
Mention spéciale si la conservation de ce lien synchrone est le fruit d’actions initiées de manière à peu près équitable par chaque personne concernée, sur le long terme en tout cas.
Dans ce contexte, refuser de lire le blog de nos amix IRL et de les suivre sur les réseaux sociaux est peut-être une façon de laisser une chance à nos amitiés de prendre d’autres dimensions : pas seulement désincarnée, pas seulement asynchrone.
J’ai longtemps été déçue que certain·es de mes amix les plus proches choisissent de ne pas lire mon blog. Aujourd’hui, je réalise la valeur de ce cadeau : j’ai la liberté de leur parler moi-même des sujets qui me tiennent à cœur si je le souhaite, dans un contexte plus intime et donc d’autant plus précieux.
Accepter la parasocialité ?
En me basant sur mon expérience personnelle, j’observe que se contenter de se suivre sur Internet, même par blogs interposés, suffit rarement à nourrir des amitiés nouées dans un contexte non numérique.
Maintenant, ce destin parasocial n’est peut-être pas aussi dramatique que je l’imagine. En effet, si des personnes jadis unies par une amitié IRL laissent l’éloignement se faire, si elles n’agissent pas pour resserrer les liens et qu’elles ne se proposent l’une l’autre aucun nouveau moment partagé, c’est sans doute parce que cette nouvelle situation leur convient à toutes les deux.
C’est tout à fait compréhensible : une relation parasociale demande beaucoup moins d’efforts. On a moins à s’engager, à écrire, à parler, et moins de choses à organiser. C’est plus simple ; moins profond, certes, mais plus simple, en particulier quand on traverse des bouleversements personnels importants et que l’on n’a aucune énergie en stock, pas même pour nos amix, malgré la peine que cela nous procure.
Accepter de se perdre de vue ?
Tracy Durnell estime par ailleurs que rester en contact sur les réseaux sociaux, ou continuer à lire le blog d’ancien·nes amix, ça nous prive de la possibilité de tourner la page quand l’amitié s’est définitivement essoufflée.
Nous nous empêcherions d’oublier les personnes qui ne jouent plus de rôle important dans nos vies tant que nous continuons à les suivre au jour le jour sur un écran.
Malgré tout ce que l’on peut reprocher aux algorithmes, c’est peut-être une bonne chose qu’ils nous montrent de moins en moins les publications issues des « comptes » – terrible mot, d’ailleurs – avec lesquels nous n’interagissons presque plus.
Dans ce contexte, est-il acceptable de se désabonner des personnes que l’on a connues et aimées jadis, mais avec qui la relation est dorénavant trop distendue ?
Est-il acceptable, même, de les désabonner de nos comptes, à leur insu ?
Ou est-ce mieux de faire comme si de rien n’était et de continuer à avoir des pincements au cœur en voyant des bribes de la vie que ces personnes vivent dorénavant sans nous dedans ?
Est-ce que j’accepte la possibilité de provoquer moi-même cela chez mes ancien·nes amix à travers mes propres publications ?

Trois personnages : à gauche, « me » (moi) ; à droite, « being happy » (être heureux·se) ; au milieu, « overthinking » (se poser trop de questions) en train de couper le fil réunissant les deux autres.
Le cas des amitiés nées sur Internet
Paradoxalement, je trouve que c’est un peu différent pour les amitiés nées sur Internet : dans ce cas, la première rencontre IRL peut parfois fragiliser les liens noués, parce que le décalage peut être très grand entre l’image (idéalisée ?) que l’on s’était construite de l’autre et l’inconnu·e qui nous fait soudain face.
Soi-même, on peut se sentir très mal à l’aise à l’idée de se dévoiler à l’autre dans toute notre humanité, avec tout ce que ça peut impliquer niveau vulnérabilité et anxiété.
C’est pourquoi ce n’est pas anormal d’éprouver une profonde appréhension à l’idée de rencontrer IRL des personnes avec qui on aime pourtant échanger sur Internet.
Des gens qui regardent nos stories
J’ai cherché « parasocial relationships » sur Sublime pour trouver l’image qui illustrerait ce billet, mais à la place, j’ai récolté cette citation déprimante :
Many of us don’t have friends anymore; we have followers. We don’t deeply care about each other’s lives; we consume them as content. We don’t have people we can be vulnerable with; we have people who view our Stories. It’s hard to tell if we have loyalty, or just people hoping we ‘like’ their photo back.
🫠
Bref, toutes ces problématiques sont complexes. Mon cerveau, très binaire, me fait peut-être opposer des choses qui pourraient très bien fonctionner ensemble, si seulement je faisais preuve d’un peu plus de souplesse et d’imagination, et que j’agissais davantage pour dire à mes amix combien je tiens à elleux.
The real monster is lacking connection from those you would like to connect or reconnect with. However, that monster isn’t unique to the modern web, let alone online connections. Reigniting old and/or in-person friendships can teach us a thing or two about how to replicate the feat online.
Co
29 octobre 2025
Je ne m’étais jamais posé la question en ces termes, mais il faut admettre que tu n’as pas tord de te questionner sur la profondeur de nos relations sur le long terme avec les « amix » connu en premier lieu en IRL et avec qui un trop grand pourcentage de la communication passe par les réseaux sociaux.
Je pense que les deux cas peuvent se produire pour une personne vis à vis des différentes relations qu’elle entretien. Mais je constate que pour ma part, étant une personne peu sociale – je ne t’apprends rien – avoir des nouvelles des personnes qui comptent pour moi, et qui peuvent être à distance, par le biais d’Internet est une chance.
Effectivement, il réside malgré tout un manque et en ces temps où tout passe par le virtuel, recevoir une vrai lettre, ou voir la personne en chair et en os est sans égal. Cela procure une joie qui n’est pas la même, un sentiment que l’expéditeur.trice à vraiment pensé à vous et cela met du baume au cœur. Et je pense que la joie est autant pour la celleux qui écrit que celleux qui reçoit.
Quelque fois, dans certaines circonstances je pense qu’avoir des nouvelles des gens connu en IRL le plus souvent via les réseaux sociaux, et bien c’est toujours ça. Nous avons souvent des vies bien remplies, des humeurs trop maussades pour avoir le courage d’écrire, et de donner des nouvelles tristes. Cela peut apporter un petit rayon de soleil, entre les moments ou nous n’avons ni le temps ni le moral pour faire plus. En fait tout dépend également de comment on perçoit et utilise les réseaux sociaux.
Pour ma part tu le sais, ce n’est plus désormais qu’un moyen de faire de la veille pour mes centre d’intérêts, j’ai réduit drastiquement mes passages sur les différents supports, et Instagram n’est plus qu’un Pinterest bis. Je passe d’ailleurs plus souvent par le filtre « Suivi(e) » afin de ne voir que les comptes, les créations des personnes qui m’intéressent afin de ne pas être envahie par des publications parasites, et j’ai réduit à 30% les personnes suivies. Alors oui, lorsque je vois les publications, stories des « amix » je suis contente, ce qui n’empêche que, comme tu le dis, on a souvent tendance à se dire que nos « amix » ont des nouvelles de nous par ce biais… Du coup une vraie missive peut attendre.
C’est une solution de facilité je l’avoue, cela ne veut pas dire qu’on ne tient plus à nos amitiés IRL. Nous devrions peut-être faire plus d’effort afin de rassurer les amitiés qui comptent réellement pour nous – et je m’inclus à 200% dans ce nous…
Marie ☽
2 novembre 2025
Coucou Co ! Ça me fait bien plaisir de te lire ici, merci beaucoup pour ce partage.
Je suis d’accord ; comme je l’écrivais à Sorcière Misandre tout à l’heure, les liens qui se distendent un peu au fil du temps ont le mérite de continuer à exister. C’est littéralement mieux que rien.
Peut-être que ce n’est pas tant le numérique, en tant que tel, qui est le facteur perturbant, contrairement à ce que je pensais, mais plutôt l’asynchronicité ? Après tout, si nous pouvons échanger de manière synchrone sur Internet (par exemple par visio ou par conversation instantanée), ça ancre littéralement l’amitié dans notre quotidien.
De même que recevoir un courrier papier, tangible ; on s’en souvient, ça fait une vraie différence dans un quotidien par ailleurs vécu, en ce qui me concerne du moins, de manière essentiellement numérique par le biais du télétravail d’une part et de la parasocialité amicale d’autre part.
La régularité est aussi un facteur important, je pense. Ce n’est pas grave si c’est une fois par an ; mais c’est important que cela existe, d’être au rendez-vous. Chaque amitié, chaque relation humaine a son propre tempo, ses propres modalités. Et au sein d’une même amitié, chaque personne a aussi ses propres besoins, ses propres capacités.
Bref, plus j’y réfléchis, plus je me dis qu’il n’y a pas de réponse ni de solution « simple » ou universelle ; que c’est à chaque ensemble d’amix de s’investir dans la vie de ce lien si précieux qui les unit, étant bien entendu que celle-ci peut évoluer au fil du temps, et se réinventer de différentes manières. Il est sans doute là aussi possible de faire preuve d’écoute de soi, de soin pour l’autre et de créativité !
Myrtiria
26 octobre 2025
Merci pour ce sujet reflexion recherché.
Ton article est très intéressant et il fait effectivement beaucoup réfléchir sur les rapports que nous avons aux autres. Mes « amix » (pour reprendre ton vocabulaire) sont effectivement peu présents sur mes comptes et ne suivent pas du tout mes stories, mais nous nous envoyons des messages de temps en temps et sinon nous nous retrouvons autour d’un verre pour papoter sur nos vies respectives. Mais nous fonctionnons comme cela depuis des années.
Il y a, je trouve, dans les échanges liés aux réseaux sociaux bcp de superficialité, meme si cela n’empêche pas l’attachement que l’on peut avoir. Mais une personne qui se rappelle de nous uniquement via le biais de stories, n’est peut être pas une personne forcement très attachée à nous.
J’essaie pour ma part de me detacher de cette obligation de partager du contenu pour donner des nouvelles à mes amis et à ma famille mais ce n’est pas toujours évident…
Marie ☽
2 novembre 2025
Merci, Myrtiria, pour ce partage. C’est super de pouvoir te retrouver régulièrement autour d’un verre avec tes amix, tu as de la chance ! Je donnerais beaucoup pour pouvoir retrouver les mien·nes au débotté de la sorte, malgré notre éloignement géographique actuel.
L’avantage du numérique, c’est que c’est plus facile de donner des nouvelles « en masse » : une conversation Whatsapp, un e-mail envoyé à plusieurs personnes, une story vue par les proches qui nous suivent sur Insta ou FB… L’autre côté de cette pièce, c’est que ces partages sont moins personnels. Je te souhaite de trouver un équilibre qui te convienne !
Tu sais déjà ;)
26 octobre 2025
Coucou Miaourie 🫶
Ce billet prouve bien que tu te soucies de tes amitiés.
Le dernier mail que tu m’as envoyée montre bien que ce lien perdure entre nous et je m’excuse (publiquement) de ne toujours pas t’avoir répondue.
J’espérais t’y partager ce que je traverse et j’espérais aussi mettre un peu plus de lueur, de positif mais comme ça ne vient toujours pas, je tarde à répondre. Pourquoi je ne veux pas écrire un mail avec seulement mes états d’âme ? Une déception de moi-même à ne pas faire (mieux) face à cette période de ma vie, un peu de honte aussi, et peut-être comme tu le dis, la distance rend moins spontané le vrai « comment vas-tu ». Mais tu me connais, je ne dirai jamais que ça va si ça ne va pas.. j’ai donc préféré attendre que ça aille mieux pour te raconter ce qui n’allait pas pour y joindre une réassurance « mais maintenant ça va mieux ! ». Sans doute pour t’épargner la frustration de ne pas pouvoir « être là pour moi » car on est loin et je sais que tu aimerais être là, surtout dès lors que tu sais qu’un amix en a besoin…
Mais cela me pèse également de ne pas t’avoir encore répondue, je ne suis jamais si longue à répondre, tu dois te douter de quelque chose.
Je vais m’armer de courage et me livrer à toi, sans le « «mais ça va mieux », ma chère amie bien aimée. À bientôt, par mail, en espérant pouvoir te serrer dans mes bras ou du moins partager l’odeur un thé chai prochainement.
Marie ☽
2 novembre 2025
Ma chère Delphine 💜, comme cela m’a émue de te lire et d’apprendre que tu traverses une période complexe !
Tu n’as pas à t’excuser d’avoir besoin de temps pour faire face aux difficultés sur ton chemin. Pour moi, loin des yeux ne signifie pas nécessairement loin du cœur. Je ne souhaite pas que notre correspondance devienne pour toi une échéance de plus au sein de ta charge mentale. Prends tout le temps dont tu as besoin.
Cela m’apporte beaucoup de joie de penser au plaisir de te lire ou de te parler en privé quand ce sera le bon moment pour nous deux. En attendant, sache que je pense à toi avec toute mon amitié et toute ma tendresse.
Catherine
22 octobre 2025
Merci pour ces réflexions pleines de profondeur. J’avoue que je ne m’étais jamais posé la question en ces termes. Je vis à l’étranger depuis plus de 10 ans, et les RS ont été pour moi une façon de conserver le lien avec ces amis de la « real life » dont je m’éloignais géographiquement. J’ai également une profession de saltimbanque (comme cela a joliment été dit dans un autre commentaire), aussi quitter les RS ne me parait guère envisageable… néanmoins, les relations y sont bien souvent vaines et, en effet, chacun ne se soucie que des like qu’il reçoit… du contenu jetable, des liens factices… je crois que nous avons oublié que dans la vie, on ne peut pas avoir 2000 amis et entretenir ces amitiés, ça n’a aucun sens… sans doute le terme « ami » n’est-il pas adapté à ces relations utilitaires. Le mot fausse la signification de ces échanges virtuels, et leur donne sans doute une importance qu’ils n’ont pas. Fermer Instagram et écrire ou téléphoner à un proche, prendre de vraies nouvelles, se voir, discuter, rire ensemble, éprouver la chaleur d’une amitié vraie, sans faux semblant… La facilité des RS a conduit à considérer cela comme un effort. C’est triste. Mais il ne tient qu’à nous de faire le ménage et de cultiver activement les amitiés auxquelles nous tenons vraiment.
Marie ☽
2 novembre 2025
Bienvenue, Catherine ! Merci beaucoup de partager ta réflexion avec nous. C’est très intéressant d’avoir ton point de vue en tant qu’expat’.
Cette notion d’effort me fait penser à ce texte de Pauline Harmange, que j’ai lu ce matin, Le frisson du peut-être. Elle parle d’authenticité au sein de relations sociales, des moments d’inconfort qui finissent forcément par se produire, et de la tentation de la solitude.
Ce texte est encore trop frais dans ma tête pour réussir à exprimer de manière claire tout ce qu’il m’inspire. Mais je tenais à le partager avec toi, car j’y trouve un écho de notre conversation.
L'ourse bibliophile
21 octobre 2025
J’irai lire le billet de Tracy Durnell, mais déjà, le début de ton article a résonné en moi. N’étant pas sur les RS, je ne suis pas mes amies IRL et je trouve ça beaucoup plus sain. Lors de mes deux brèves tentatives sur Insta, je détestais être au courant de choses sur ma meilleure amie sans qu’elle me les ai dites elle-même (même – et surtout – des choses totalement anodines finalement). J’avais l’impression de l’espionner, ça me mettait mal à l’aise. Cependant, pour ça et bien d’autres raisons, je n’ai jamais tenu une semaine sur Insta et notre relation reste uniquement IRL et c’est très bien ainsi.
Finalement, si la question des pertes de contact, de l’éloignement (et de l’investissement que je mets et qui semble parfois à sens unique) est quelque chose qui me touche beaucoup et que je cherche encore à accepter, étant donné que mes vies « réelle » et « virtuelle » sont assez séparées, elles se posent généralement dans d’autres contextes que cette superposition des deux.
Marie ☽
2 novembre 2025
Merci beaucoup pour ces partages. Le choix de ne pas se suivre sur le net et de conserver sciemment l’amitié sur le terrain non numérique est un acte fort, je trouve.
Me concernant, j’ai la chance (ou la malchance, selon les jours) d’avoir toujours travaillé dans le milieu numérique ; ont découlé de ces expériences successives un certain nombre d’amitiés nées IRL, mais qui se sont très naturellement transposées sur Internet, de facto – mes collègues devenu·es amix étant tout autant des nerds que moi. Cela complique sans doute la possibilité de se passer complètement du net pour continuer à relationner à distance (je vis loin de tout le monde, désormais).
L'ourse bibliophile
4 novembre 2025
Je ne le vois pas comme un « acte » parce que, à part le blog, je n’ai jamais réussi à prendre le train des réseaux sociaux, donc le refus de les utiliser s’est imposé à moi. Et parfois je me dis que ça m’aurait peut-être permis de sauvegarder d’autres relations… Je suis une ourse (plus ou moins volontairement) et je n’ai probablement pas le même cercle relationnel que toi, ça aide aussi à maintenir des relations IRL si elles sont peu nombreuses.
Mais ton commentaire me laisse penser que c’est un équilibre à trouver qui ne doit pas être évident du tout, entre sauvegarde des liens et authenticité des relations.
Ambre
21 octobre 2025
Je n’ai jamais commenté ici, je suis une personne très… silencieuse (dans mes lectures, mais pas seulement). Et cela rejoint ton article d’ailleurs. J’ai quitté les réseaux sociaux il y a plusieurs années (j’ai conservé Mastodon et Instagram juste pour lire certaines choses notamment en créatif, mais je n’y parle plus du tout). Je suis partie parce que j’avais une sensation terrible de vide chaque fois que j’y parlais. J’étais suivie par plus de 500 personnes sur l’oiseau bleu, et je me sentais seule ; on me répondait pourtant, mais comme dire… quelque chose n’allait pas. J’ai mis des années à réaliser que c’était la véracité, la profondeur du lien qui me faisait défaut.
En fermant tous les RS, j’ai perdu 90% des personnes que j’appréciais et réciproquement, sans doute parce que ces liens n’étaient pas « réels », justement. Je crois, de manière générale, que peu de personnes prennent encore la peine de demander des nouvelles.
Je garde mon blog parce que j’en ai besoin, mais la problématique est un peu identique si des personnes connues ont le lien (désormais ce n’est plus le cas pour moi), il donne lui aussi l’illusion de tout connaître de la vie de l’autre.
Je te laisse ces quelques mots, en écho aux tiens (peut-être parce qu’en ce moment j’y songe beaucoup). Douce soirée à toi
Ambre
Marie ☽
2 novembre 2025
Bienvenue Ambre ! Merci beaucoup de partager ton expérience et ton ressenti avec nous.
Je trouve ça fort comme décision ; être en accord avec tes propres valeurs a été plus important que ces simulacres de relations sociales. Pour autant, comme tu dis, nos blogs peuvent eux aussi nourrir de la parasocialité.
Personnellement, je trouve les échanges sur mon blog de bien meilleure qualité que sur les réseaux sociaux ; de même que je préfère lire le blog de quelqu’un que j’apprécie plutôt que ses toots, tweets et autre posts, car je trouve que la forme courte + la pression du groupe n’aident pas à aller au fond des sujets, ni à cultiver l’authenticité.
Selon moi, il y a un risque réel de perdre la fraîcheur et l’originalité d’un blog dès lors que son autrice ou son auteur prend conscience du volume de personnes qui le lisent.
Même si j’ai la chance de conserver au fil du temps un blog intimiste, lu par une petite communauté discrète, et même si j’ai pu avoir l’impression au fil des années que certaines relations étaient devenues plus que parasociales, j’ai pu constater à de nombreuses reprises au fil des années que disparaître du jour au lendemain d’Internet n’inquiète pour ainsi dire personne.
Moi-même, je règle ma vie numérique au gré des notifications de ma boîte mail et de mon agrégateur RSS ; tout ce qui n’en provoque pas est pour ainsi dire inexistant de mon esprit. Parfois, dans Feedly, je pense toutefois à afficher la liste de tous les blogs auxquels je suis abonnée, et le nombre de blogs inactifs – parfois depuis plusieurs années – me file le vertige. Que sont devenues toutes ces personnes ?
Parfois je mène l’enquête, et je m’aperçois que certaines ont tout simplement déménagé sur tel ou tel réseau social, où elles postent souvent. Mais d’autres n’ont laissé aucun indice. Je suis présente et active sur le net depuis bientôt 26 ans, mais je ne sais toujours pas gérer l’absence des amix que j’y ai connu·es et qui ont disparu du jour au lendemain. Je continue à penser que publier des choses personnelles en ligne est un perturbateur relationnel, quel que soit le point de vue d’où on se place.
Ambre
4 novembre 2025
J’ai beaucoup de difficulté à accepter ce qui n’est pas « vrai » ou de qualité côté relationnel (la question que je me pose est surtout, « comment j’ai fait pour tenir aussi longtemps sur les RS »). Et comme tu le soulignes, on peut disparaitre, ça n’interpelle personne. C’est peut-être là que réside justement tout le déséquilibre de ses relations : il y a en a tellement, on oublie ceux qui soudain se taisent, ils sont invisibilisés. C’est inquiétant, un tel rapport à l’autre.
Par contre les blogs, j’adore. J’y ai fait mes plus belles rencontres (irl ou non, sauf une exception que j’ai regretté d’avoir rencontré IRL, ça arrive, elle était très désagréable).
Mais oui, bien des blogs ont fermé et on n’arrive pas toujours à savoir ce que les personnes sont devenues. C’est un côté difficile à appréhender.
Le volume de lecteurs (sur le blog) m’a toujours profondément posé un problème, je l’ai chaque fois réglé par une fuite de mon espace et par une nouvelle ouverture ailleurs. Je suis un cas désespéré. Il y a 20 ans (j’écris depuis 22 ans, un peu moins que toi) les blogs étaient tant à la mode, on arrivait facilement à 300 ou 500 lecteurs, ça me terrifiait. Je crois que maintenant je le gérerais mieux, mais ce n’est pas certain ^^ Qui dit masse, dit beaucoup de commentaires et une impossibilité à répondre à tous, sans parler du contenu du blog qui perdait de sa spontanéité (être visible à ce point, c’est angoissant). Ça et les tordus que ça attirait (je me suis retrouvée dans le lien que tu as mis).
Un blog intimiste, sans que les personnes proches aient l’adresse, c’est le mieux (pour moi). Et vecteur de rencontres web passionnantes et riches. J’espère voire fleurir de nouveau plein de blogs, pour d’autres belles rencontres et discussions. Je te remercie pour ta longue (et riche) réponse :)
Marie ☽
10 novembre 2025
Je comprends tout à fait toutes ces problématiques, et me reconnais dans plusieurs situations que tu décris. Bravo à toi d’avoir réussi à prioriser ton propre bien-être, quitte à sacrifier certaines plateformes pour avoir la paix. Comme toi, je pense que s’il y a trop de monde, la spontanéité et l’authenticité tendent à se perdre. Cela peut nécessiter des années avant de trouver ce qui nous convient à nous, mais quel bonheur ensuite de savourer la tranquillité que nous apportent ces choix, même si autrui ne les comprend pas toujours !
Merci encore pour ce bel échange et à bientôt, Ambre !
Sorcière Misandre
21 octobre 2025
C’est passionnant, merci de nous partager tes réflexions sur ce sujet.
J’ai l’impression qu’en quittant Instagram, j’ai plus (au démarrage en tout cas) pris de nouvelles de mes amix qu’avant, je n’ai pas supposé comment iels allaient, au vu de leurs stories etc.
J’ai loupé des trucs, oui, mais quand on ne vit pas 24/7 avec quelqu’un on loupe des trucs. Et si j’ai trouvé que dans certains cas le lien était conservé sans souci, j’ai quand même expérimenté le fait que mes amix proches prennent moins de nouvelles que l’inverse. Un décalage se crée, entre celleux qui sont resté-es sur les réseaux, avec l’abondance d’informations, et les autres, celleux qui sont parti-es ailleurs. Parfois c’est un peu douloureux, mais je n’ai pas de solution à cela.
Marie ☽
2 novembre 2025
Je te rejoins tout à fait : quitter une plateforme, c’est loin d’être anodin. Des liens avec des personnes que tu aimes peuvent en pâtir – pas toujours, pas toujours tout de suite, mais ça peut finir par arriver (sur ce sujet, j’ai aimé le billet Quitter certains réseaux sociaux : pour un geste dérisoire mais mieux viable d’Aurore Turbiau).
Je lisais tout à l’heure le billet de Florence qui est revenue sur sa décision de quitter Substack, parce que les liens qu’elle avait commencé à y nouer lui manquaient.
Il n’y a pas de solution universelle, tout le monde fait de son mieux, en fonction de ses valeurs, de ses besoins et de ses capacités du moment.
En ce moment, je me dis que les liens qui se distendent un peu au fil du temps ont le mérite de continuer à exister, et que c’est mieux que rien quand on souhaite sortir une amitié de la parasocialité où elle avait fini par se terrer.
Lucide
21 octobre 2025
Fichtre, quel article et quels questionnements !
Ce sont des interrogations qui me viennent souvent en tête, d’autant plus que je coche chacune des cases décrites ici. J’ai un groupe d’amix (pour reprendre cette graphie pertinente) que je vois un mois sur deux en moyenne, on se réunit le plus souvent chez le même couple et on mange, on rigole, parfois (souvent) on y passe le weekend. Ces gens sont sur Instagram avec moi, aussi sur Facebook (mais pas moi) et nous sommes la moitié du groupe à être plus ou moins active (nous avons « besoin » des réseaux pour nos professions de saltimbanques), et tout le monde regarde ce que publient les autres. Eh bien quand nous nous retrouvons IRL, ça n’a rien à voir avec ce que l’on pourrait laisser transparaître sur nos réseaux. Enfin je ne sais pas pour moi mais quand, lors de ces weekends, je parle avec les personnes qui publient activement, ce ne sont pas les « mêmes ». Sûrement parce qu’elles sont des figures publiques et ont une sorte de rôle à jouer. Les publications que l’on produit sur nos réseaux sont devenues des réclames permanentes puisque nous sommes beaucoup à avoir perdu le caractère spontané du partage sur Internet. Donc le terme de désirabilité sociale me parle beaucoup dans ce contexte.
Je me sens aussi très concernée par ces amix (ou ex-amix, ou potes, ou connaissances, je ne sais plus comment les appeler) que je ne vois plus IRL alors que nous nous suivons sur Instagram. Je pense que j’arrive à faire la distinction parce que la majorité de mes amix ne vivent pas dans le même département que moi, iels sont à l’autre bout de l’hexagone voire à l’étranger, et j’ai bien plus d’interactions, parasociales certes, avec elleux qu’avec des amix désormais des connaissances qui sont à quelques kilomètres de moi. Et donc la question de l’unfollow se pose régulièrement sans que je ne fasse rien. Je connais plusieurs personnes qui regardent chacune de mes stories mais ne réagissent à aucune, ne like aucune de mes photos et ne m’envoient aucun message. Je ne leur reproche pas, chacun·e son utilisation d’un réseau, mais j’admets que je ne comprends pas cette façon de faire. Est-ce du voyeurisme pur et simple ? Je dois possiblement le faire de mon côté mais quand je m’en rends compte, j’ose espérer agir en conséquence.
D’un autre côté, j’ai personnellement longtemps utilisé mes canaux Internet pour parler de moi sans avoir à utiliser ma langue. Je me suis rendu compte que j’étais beaucoup plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral et ça me permettait de conserver une forme de pudeur. Je pouvais ainsi écrire sur un sujet que nul n’était obligé de lire alors que je ne suis pas sûre de distinguer si une personne veut entendre.
Je rejoins Freya India, le constat est triste mais réel. J’irai même plus loin, je crois que les gens consomment les stories d’Instagram à la vitesse de l’éclair sans être conscients de ce qu’iels regardent, iels ne retiennent rien. Il faudrait lancer une étude sociologique des comportements d’utilisation sur Instagram : qui choisit de mettre en sourdine les stories ou les publications d’une personne en fonction de ses intérêts ? Qui utilise la fonctionnalité « Pour vous » tout en haut de son feed afin de ne voir que les publications des gens que l’on a choisi de suivre ? Qui fait défiler les stories pendant un épisode de série le soir ou pendant un passage aux toilettes ? Qui a la flemme de tout, surtout celle de paramétrer l’outil à sa convenance, et ouvre Instagram par ennui ? Je pose ces questions mais je ne suis pas toute blanche dans cette histoire. J’essaie autant que possible de paramétrer les outils de sourdine mais, malgré tout, je regarde les quelques premières stories et après j’abandonne. Je n’ai pas le courage de voir ce que tout le monde a publié, d’autant qu’il y a des redites et c’est un point qui me fatigue énormément sur les réseaux sociaux, la répétition d’une information. Et puis si mon téléphone se trouve à portée de main, j’ouvre Instagram, regarde à peine, referme l’appli, ça peut être le cas plusieurs fois par jour et plus je suis de mauvaise humeur ou mal dans ma peau, pire c’est. Pour autant je ne crois pas que le contenu (beurk ce mot aussi) publié me nuise, je pense savoir l’éviter. Par exemple, je ne vais que très peu dans l’onglet reels dont l’indigence me foudroie (il y a malgré tout des thèmes que j’aime regarder mais l’algorithme n’est pas une science exacte).
Bref, j’ai pondu une brique mais eh, le sujet est passionnant !
Marie ☽
2 novembre 2025
Salut Lucide, merci pour ce long commentaire qui me donne un grain à moudre infini depuis 10 jours. Je profite d’une fin d’après-midi en écoutant le dernier Ethel Cain et en sirotant un Earl Grey sans théine pour rebondir sur certains points.
L’expression m’a piquée. Ça fait écho à ce texte de La Mouette que j’ai lu ce matin sur Substack :
Je sais qu’elle parle de la blogosphère et toi des réseaux sociaux, mais pour moi il y a une dynamique commune autour du « (se) donner à voir ». Même si au fond, je crois que c’est l’élan de publier soi-même quelque chose sur Internet qui me questionne, davantage que la volonté de vouloir faire connaître ce quelque chose (je trouve ça logique). Je digresse déjà…
Ce passage m’a beaucoup touchée. Je m’y reconnais par ricochet, car, comme toi, écrire a toujours été plus simple pour moi que parler et même que « m’incarner ».
J’aime l’idée que lire ce que nous publions sur le net ne soit une obligation pour personne, qu’il est possible à tout moment d’interrompre sa lecture, de se désabonner et de nous oublier, sans avoir à se justifier.
C’est quelque chose que j’ai toujours eu à cœur de rendre et laisser possible sur mon blog en tout cas : no strings attached. Tant de mon côté (pouvoir disparaître des mois voire même une année entière si je veux), que de celui des personnes qui lisent mon blog.
Cet espèce d’accord tacite pour conserver nos libertés est ce qui, pour moi, fait la plus grande différence avec les plateformes sociales, où tu es toujours tracké·e quoi que tu fasses.
D’ailleurs, ça me fait une transition parfaite avec un autre point que tu abordes : le fait de savoir qui a consulté tes stories, et de constater que certaines personnes de ton passé continuent à les consulter alors que vous n’échangez plus ou presque. Je me demande si cette fonctionnalité (savoir précisément qui a consulté quoi, et combien de fois) nous rend vraiment service ; j’ai tendance à penser que non.
Enfin, ce que tu dis à propos des stories consommées aussi vite qu’elles sont oubliées, c’est très vrai. Pour moi, c’est symptomatique de ce que les plateformes sociales commerciales attendent de nous : divertir leurs utilisateurs et utilisatrices.
D’où l’intérêt si tu veux voir ton nombre d’abonnés grimper de suivre des « trends » (insérer ici un petit dégueulis), toutes plus idiotes les unes que les autres. (On critique beaucoup – à juste titre – le coût écologique des iA, mais je m’étonne que soit rarement évoqué celui des milliards de vidéos à la con publiées chaque jour sur les réseaux.)
Et je pense que c’est de là d’où vient le fait que tant d’artistes se plaignent sans fin que leurs publications ne sont pas vues : parce qu’iels ne jouent pas le jeu de ces plateformes. C’est un peu comme si on attendait que TF1 joue le rôle d’une librairie indé ou d’une galerie spécialisée : ça ne peut tout simplement pas fonctionner.
J’ai tiré le fil de différentes pelotes, m’éloignant du sujet initial qui était la survivance de nos amitiés IRL à l’épreuve d’Internet ; mais je crois que toutes ces problématiques sont liées, à plus forte raison parce qu’à l’heure actuelle ce sont souvent ces plateformes sociales commerciales qui nous permettent de rester le plus en contact avec autrui. Loin d’être neutres, ces outils contribuent à nos vécus et ressentis amicaux. (Loin de moi d’ouvrir le dossier « famille », mais il y aurait aussi beaucoup à dire à ce sujet.)
Lucide
7 novembre 2025
En effet, je me rends compte que le terme « réclame permanente » peut ne pas être perçu comme je pensais l’écrire. Le passage du texte de La Mouette me parle aussi, je crois vraiment qu’on quémande beaucoup (le « on » est neutre, je ne vise personne en particulier) mais c’est parce qu’on a sans doute perdu de vue quelques points essentiels. Lesquels ? Je ne saurais pas vraiment dire. Dans mon cas, si je publie sur Internet (réseaux, blog) c’est parce que je veux que ce soit vu/lu. Mais je veux aussi voir et lire ce que font les autres, je veux partager des idées, des points de vue, je veux échanger, élargir des horizons. Ce n’est donc pas quelque chose de binaire, c’est une forme de sociabilisation et je sais que je le ferais aussi volontiers IRL. J’ai participé à un atelier d’écriture une fois, dans un café, avec plusieurs personnes et je n’en connaissais aucune. Chacune a produit, énoncé et on a échangé, c’est un peu la même chose pour moi. Et donc cette idée de réclame permanente se retrouve davantage, à mon sens, sur Instagram que sur n’importe quel autre coin d’Internet. Je crois que c’est à cause du marché de l’influence, on s’est toutes et tous retrouvé‧es saisi‧es et poster ses photos de vacances est devenu marginal. Les deux amis que j’ai cité dans mon premier commentaire sont youtubeur et humoriste. Ils postent donc pour que les gens cliquent sur la vidéo, pour que les gens assistent aux spectacles. Il est possible que celui qui soit humoriste doive en faire encore plus, il sait qu’il doit faire des reels rigolos pour inciter les gens à venir le voir en vrai alors c’est encore plus de travail (non rémunéré). Le divertissement ! IRL, ce gars-là n’a rien à voir, il est vachement plus calme, haha.
Et donc oui, je crois aussi que savoir qui fait quoi, qui a regardé telle story, voir quels followers ont liké tel reel (parce que maintenant ça s’affiche dans le coin de chaque vidéo) n’est pas sain du tout. Alors qu’on pourrait conserver un petit côté privé même en s’exposant sur Internet, je suis bien certaine qu’un juste milieu est possible.