Le regard de l'amour
Le regard de l'amour.

Envers et contre tout, enfin, surtout contre la routine, je persiste à vouloir compléter mon défi 365.

Après avoir dépoté en décembre, en janvier, en février et en mars, j’avoue que cela a été moins facile en avril…

Moins d’inspiration ? Non, même pas ; juste moins de temps. Je suis particulièrement bien occupée en ce moment avec la refonte du site d’un bel oiseau, et avec mon site Tori Amos France – qui occupent à eux deux 90% de mon temps libre.

So much to do, so little time. :cry:

Ma broche vintage trouvée sur Etsy
Ma broche vintage trouvée sur Etsy

Ces dernières semaines, confiance en soi, opiniâtreté et énergie ont beaucoup occupé mes pensées. Les personnes avec qui je discute sont toutes pétries de rêves, d’ambitions ; elles possède chacune un univers particulier, immense et beau.

Pourtant, la plupart de ces personnes se dévalorisent constamment, pensant que ce qu’elles créent, ce qu’elles produisent, sera toujours moins bien que ce que Machin ou Machine crée ou produit.

Il y a cette ombre permanente jetée sur l’opinion qu’elles ont d’elles-mêmes – cette espèce de discrédit permanent. Et cela m’interpelle beaucoup.

Abstraction
Abstraction

Je les surprends parfois en flagrant délit de dépréciation. Comme une vieille routine, une sale habitude, l’odieuse petite voix qui soudain prend le contrôle et s’exprime à la face du monde.

Le truc, c’est que le mal que nous pensons de nous-même rejaillit un jour ou l’autre sur l’opinion qu’autrui a de nous. (Mais l’inverse n’est pas forcément vrai.)

Le plus beau livre que je possède
Le plus beau livre que je possède : Memories de Benjamin Lacombe.

Moi-même, ai-je vraiment dépassé ce stade ? Quand je regarde toutes ces photos, je ne peux même pas dire que j’en sois fière, ni qu’elles m’apportent un quelconque réconfort.

Une activité de plus parmi trois cents autres, juste comme ça. Se forcer à exercer son regard, à capturer un moment, même si c’est maladroit, même si ça n’a pas d’autre valeur que cet instant précis. Accepter que ça ne soit que ça. Soigner son humilité en appuyant sur le bouton « Publier ».

J'adore la tête du chat sur cette photo !
J'adore la tête du chat sur cette photo !

J’embrasse la vanité de tout cela. Cela n’a pas d’importance ; ce qui compte, c’est la valeur que, soi, on y accorde. Le regard des autres est une donnée très relative. Il faut déjà commencer par changer le regard que l’on porte, soi, sur soi.

Chez Sucre d'Orge
Chez Sucre d'Orge

Marie

11 commentaires

  1. Hâte de voir le site du bel oiseau en ligne :-)

    1. Moi aussi :D Mais j’ai encore du pain sur la planche… :)

  2. Philippe

    9 mai 2014

    Le regard sur soi…

    Combien de grands personnages étaient (ou sont) de grands torturés ?
    Combien d’artistes, aujourd’hui présentés comme des maîtres de leur art n’ont eu cette reconnaissance qu’à titre posthume ?
    De nos jours, à l’heure où avoir l’avis des autres n’a jamais été aussi facile (surtout quand on ne le demande pas) c’est également l’époque où l’on entend bien plus « merde » que « merci ». (J’ai écrit un gros mot sur ton blog, pardon.)
    Et malheureusement, j’ai parfois l’impression que les personnes mécontentes le font bien plus savoir que les personnes satisfaites… (du moins c’est vrai pour les avis sur Amazon ^^)

    Je crois qu’il est important d’être exigeant de soi-même, sans cela nous n’avancerions pas. Par contre, il faut des signes positifs (de soi comme d’autrui, voire même du destin si on y est sensible) car sans une petite dose d’encouragement et de confiance alors nous nous rabaissons (trop) facilement…

    Le pourquoi de ce rabaissement est probablement propre à chacun, mais mon avis est qu’il y a une grande part de frustration : nous cherchons à exprimer quelque chose, à partager notre vision, notre interprétation de la vie (je m’emballe peut-être un peu là) donc nous le faisons peut-être en espérant être compris d’une certaine manière, ou bien que cela suscitera une réaction particulière chez quelqu’un (un déclic, une inspiration, …) alors qu’au final, cela se finit en « j’aime/je n’aime pas » ou tout simplement en plagia !

    Puis, peut-être bien que nous donnons nous l’attendons en retour, même quand cela est fait de manière désintéressée. C’est comme une réaction chimique, un échange équivalent, il faut que ça s’équilibre sinon on perçoit un vide, un manque de quelque chose qui nous empêche d’être fier ou simplement satisfait et comme nous arrivons à l’âge où nous commençons à bien connaître certaines questions et que les coïncidences font parties du folklore local, il ne reste plus qu’un seul élément de l’équation à remettre en question : soi-même… à mi chemin entre l’auto-flagellation et l’impression que trouver une excuse extérieure serait une échappatoire trop facile…

    C’est pour cela que j’essaie toujours de dire « s’il te plait », « merci », à reconnaitre le bon travail très autre (et surtout leur dire), et d’être constructif quand j’exprime un avis négatif.
    Je ne dis pas que je m’y tiens toujours, mais je crois que les personnes ont besoin de cette dynamique positive qui ne tient qu’à nous. Bien sûr, un climat positif ne fait pas tout, mais une mauvaise ambiance peut avoir tellement de conséquences (ou bien c’est que tout le monde à pris sur soi mais ça ne marchera qu’un temps…) donc faisons en sorte d’avoir cet élan positif, nous tirant mutuellement vers le haut.
    J’admire les personnes qui ont un univers, une certaine sensibilité. Si les encourager et les remercier sont un moyen de leur rendre ce qu’ils m’ont offert, alors je le fais de bon coeur.

    Voilà, c’est un nouveau pavé…
    En tout cas la broche vintage est très jolie, tout comme le tarot Wild Unknown que j’avais déjà repéré ^^

    Bonne continuation, et merci

    Le truc, c’est que le mal que nous pensons de nous-même rejaillit un jour ou l’autre sur l’opinion qu’autrui a de nous. (Mais l’inverse n’est pas forcément vrai.)

    C’est ainsi que des personnes bidons se croyant géniales sont parfois perçues ainsi alors que des personnes rares restent sous estimées…

    1. Bonjour Philippe,

      Merci pour ton long commentaire, très intéressant ! Je rebondis sur un point :

      il est important d’être exigeant de soi-même, sans cela nous n’avancerions pas. Par contre, il faut des signes positifs (de soi comme d’autrui, voire même du destin si on y est sensible) car sans une petite dose d’encouragement et de confiance alors nous nous rabaissons (trop) facilement…

      Je suis d’accord avec toi ; je suis convaincue que le bonheur appelle le bonheur, et que les bonnes ondes appellent les bonnes ondes – de même qu’un sourire est contagieux, j’ai remarqué que quand j’adopte une attitude positive, quel que soit le domaine et les circonstances, ça a tendance à influencer le comportement des autres autour de moi.

      Or, si tu as l’habitude de véhiculer de la bonne humeur et de la positivité, les gens finissent par t’associer à ça — à une non-prise de tête, à quelqu’un de sympa. Et cela facilite grandement les interactions sociales, en particulier sur ton lieu de travail ou dans la vie de tous les jours (je teste souvent le sourire contagieux sur les commerçants, ça fonctionne assez bien !).

      Il faut cultiver son propre jardin : ne pas attendre que les signes viennent de l’extérieur, mais provoquer sa chance. Je suis convaincue de ça !

      1. Il faut cultiver son propre jardin : ne pas attendre que les signes viennent de l’extérieur, mais provoquer sa chance. Je suis convaincue de ça !

        Il m’arrive de dire « J’ai simplement donné un coup de main au hasard ».

        Je crois que dans tout métier-passion, on met une part de nous dans ce qu’on fait, c’est beau mais cela peut user si on ne fait pas attention, d’où ce besoin de dynamique positive.

        Je me suis rendu compte qu’il m’arrivait de râler au travail (c’est plus ou moins ironique ou fait exprès), mais je le fais quand tout va bien, quand cela sera compensé par le reste. Alors que lorsque le moral des troupes est en berne, je suis subitement plus positif que d’habitude et j’essaie de remonter tout ça.

        C’est sûrement l’effet open-space, de ce fait c’est comme travail en équipe alors que parfois nous nous retrouvons sur des tâches très individuelles.

        Mais retenons l’essentiel, le bonheur est l’appeau du bonheur ^^

  3. Très jolies photos, très cohérentes entre elles je trouve (mais peut-être aussi parce que je suis familière de ton univers?), malgré le fait qu’elles ne sont peut être ‘que’ le fruit d’une « activité parmi d’autres »!
    D’autant plus mises en valeur par le texte qui les accompagne :)

    « Se forcer à exercer son regard, à capturer un moment, même si c’est maladroit, même si ça n’a pas d’autre valeur que cet instant précis. Accepter que ça ne soit que ça. »

    1. Merci ! Venant de toi ça me touche beaucoup ! ♥

  4. Comment s’y prendre pour restaurer ce qui n’est même pas arriver encore à maturation?
    Comment faire, lorsqu’on est fauché en pleine élan, pour se redresser et continuer à avancer ?
    Comment surmonter une éducation qui parfois fait plus de mal que de bien dans la construction de soi et de l’image narcissique ?

    Autant de questions auxquels je suis souvent confronté par le biais de mon travail auprès de jeunes adolescents (je suis éducateur…) Des questions qui me hantent aussi sur le plan personnel lorsque ma confiance en moi-même me fait défaut et qu’elle m’empêche d’aller aussi vite, aussi loin que je le voudrais…

    Il est vrai que nous sommes souvent notre propre ennemi dans le manque de confiance que nous avons parfois en nous. Les phrases gratuites que nous nous disons et qui paraissent anodines du style « je suis nul » (un des grands classiques) nous « assassinent » un peu plus chaque fois, dans notre dépréciation propre sans que nous nous en rendons vraiment compte.

    Croire en soi-même, avoir conscience que chaque personne à une valeur propre et qui fait de lui une identité à part entière est plus facile à accéder lorsque dans le regard d’autrui, nous y avons vu de la bienveillance, mais aussi une adhésion à la volonté de nous faire confiance.
    On ne peut se construire sans l’autre. L’entourage et surtout la valeur de son « essence » est indispensable dans cette acquisition de la confiance en soi.
    En ce qui me concerne, cela m’a sauvé même si parfois, en terrain inconnu, les mauvaises habitudes reviennent au galop. Après, ce que nous sommes est ce qui fait notre spécificité. Je préfère largement quelqu’un qui doute, qui tâtonne plutôt que quelqu’un sûr de lui même, qui fonce tête baissé sans se préoccuper des gens qu’il va bousculer sur son chemin.

    L’exigence avec soi même, oui, mais pas au prix d’écraser les autres.

    Marie, jolie découverte de ton blog. Ton invitation à lire ce billet m’a permis de découvrir avec plus de détails tes univers multiples. Bravo pour ces photos. J’adore celle du chat dans le carton.
    Merci pour l’humanité dont tu es imprégné. Cela manque profondément dans ce monde.

    1. Salut Ludo ! Bienvenue dans mon petit chez moi ! :-)

      Les phrases gratuites que nous nous disons et qui paraissent anodines du style « je suis nul » (un des grands classiques) nous « assassinent » un peu plus chaque fois, dans notre dépréciation propre sans que nous nous en rendons vraiment compte.

      Exactement. Difficile dans ce cas de ne pas intérioriser cette défiance vis-à-vis de nous-même.

      Loin de moi l’idée de tout ramener à Tori Amos (bien qu’en ce moment, je sois littéralement envoûtée !), mais j’ai beaucoup écouté Crucify quand j’étais plus jeune, et cette chanson m’a aidée à m’accepter telle que je suis.

      Croire en soi-même, avoir conscience que chaque personne à une valeur propre et qui fait de lui une identité à part entière (…) ce que nous sommes est ce qui fait notre spécificité.

      Tout à fait ! Et je te rejoins sur l’importance de l’entourage dans cet amour propre… C’est très juste comme analyse.

      Marie, jolie découverte de ton blog. Ton invitation à lire ce billet m’a permis de découvrir avec plus de détails tes univers multiples. Bravo pour ces photos. J’adore celle du chat dans le carton.
      Merci pour l’humanité dont tu es imprégné. Cela manque profondément dans ce monde.

      Merci à toi pour tous ces échanges, qui m’inspirent beaucoup. Il y a quelques semaines, j’étais à deux doigts de passer l’éponge sur TAF, et je ne sais par quel miracle le site a été littéralement pris d’assaut par des Toriphiles géniaux, qui ont participé à renverser la vapeur. Ça m’a fait du bien. :)

      1. Bonsoir Marie, cette hausse que connaît actuellement TAF est certainement en lien avec le travail hallucinant que tu fournis quotidiennement pour le rendre toujours plus attractif.

        Tes billets sont toujours très réactifs avec l’actualité de Tori. J’ajouterai simplement que tu es doué pour tout cela. Merci plutôt à toi qui permet de générer, à tous ceux qui fréquentent TAF, beaucoup d’expression et d’échanges sur ce sujet commun qui nous passionne.
        Confiance en soi… c’est la clé :-)

  5. Moonlight

    30 mai 2014

    Salut,
    un auteur pertinent sur le sujet de la confiance et l’estime de soi : Christophe André.

    J’ai lu plusieurs de ses bouquins. Sa démarche me semble vraiment sincère.

    Je suis en train de lire ‘imparfait, libre et heureux’, par exemple. Et je trouve ça pas mal du tout, complet, très simple à lire, avec des exemples concrets, des questions qui recadrent bien les choses…

    ;-)

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