Les boîtes à crâne (= boîtes à chef) figurent parmi les curiosités de Bretagne les plus saisissantes et les plus méconnues.

Ces objets insolites — à la fois beaux, fragiles, et que d’aucuns trouvent repoussants — témoignent de pratiques funéraires et de rites post-mortem datant au moins du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle.

Ces boîtes nous permettent d’appréhender les attitudes devant la mort en Bretagne, et plus particulièrement en Bretagne armoricaine.

Ces attitudes se caractérisent par une culture macabre ainsi que par un contact physique avec la mort et avec les morts eux-mêmes.

Trésors d’histoire et d’artisanat, les boîtes à crâne sont souvent des objets classés au titre des Monuments historiques, tant leur valeur patrimoniale est grande.

Lors de mes escapades dans le Finistère (29) et dans les Côtes d’Armor (22), j’ai eu l’occasion de voir et d’admirer plusieurs groupes de boîtes à chef : à Saint-Pol-de-Léon, à Saint-Fiacre et à La Méaugon.

Et comme je sais que vous appréciez vous aussi les beaux restes, j’inclus aussi dans ce billet des photos de l’ossuaire de Lanrivain : il abrite un entassement d’os et de crânes assez unique en Bretagne.

Boîtes à crâne, boîtes à chef : qu’est-ce donc ?

Dans ce contexte, le mot « chef » désigne la tête du mort ou de la morte.

Au XVIIIe siècle, lorsque la place a commencé à manquer dans les cimetières, on a pris l’habitude de supprimer les anciennes sépultures pour faire de la place aux nouvelles.

Cela nécessitait donc de déplacer les corps. Ainsi, au moins cinq ans après la mort, une fois les chairs décomposées, on prélevait les os pour les regrouper en tas dans l’ossuaire, une annexe de l’église.

L’entassement des ossements se faisait sans distinction de genre ni de classe sociale, rendant chaque personne égale devant la mort — du moins en théorie.

Une exception concernait le crâne. Si l’identité de la dépouille était connue, on le remettait à la famille. Mais il était courant de vouloir honorer le défunt ou la défunte en exposant son crâne dans un lieu consacré. Pour cela, on rangeait le crâne dans une boîte peinte : la fameuse « boîte à chef », également appelée « boîte à crâne » ou « boîte à tête ».

Ces boîtes étaient ensuite disposées sur une étagère, le plus souvent au sein de l’ossuaire, mais parfois au sein d’une église voire d’une cathédrale — comme à Saint-Pol-de-Léon.

Les boîtes à chef permettaient de prolonger la mémoire du défunt ou de la défunte, en rendant visible son crâne, c’est-à-dire sa tête, et donc, par extension, le souvenir de son visage.

Cette pratique a perduré jusqu’au tout début du XXe siècle, par exemple en 1909 à Saint-Fiacre.

Il est à noter qu’outre la Bretagne, la pratique des boîtes à crâne a également existé dans l’est de la France (boîtes à chef de Marville), mais aussi en Autriche.

Caractéristique des boîtes à crâne en Bretagne

Une boîte à chef a souvent la forme d’une petite maison ou chapelle surmontée d’une croix, mais les archives photographiques montrent que certaines pouvaient être assez hautes :

Ploubazlanec l’ossuaire

Couleurs des boîtes à crâne bretonnes

La boîte à crâne est généralement peinte. Dans La Légende de la Mort, Anatole Le Braz révèle la signification du code couleur :

  • en blanc si le crâne appartient à un enfant ;
  • en noir si le défunt était d’âge mûr ;
  • en bleu s’il s’agissait d’une jeune fille.

D’autres auteurs ont noté que certaines boîtes pouvaient être peintes en gris, mais sans donner le sens de cette couleur par rapport à d’autres, en admettant qu’il y en ait bien eu un.

Néanmoins, au vu des boîtes à crâne que j’ai pu admirer, la signification de code couleur me semble souvent indicative. Il n’est pas non plus rare de croiser des boîtes à crâne peintes autant en blanc qu’en noir, par exemple.

De plus, j’ai vu au moins une boîte à crâne en bois naturel, non peint, à Saint-Fiacre.

Symboles funéraires des boîtes à crâne

La boîte peut également représenter divers symboles funéraires et memento mori, tel qu’un crâne, des os, des larmes de douleur, voire un sablier ou un calice — tout ceci sous le haut patronage de l’Ankou.

Ouverture

Une boîte à crâne présente typiquement une ouverture permettant de voir le crâne.

Ce trou est le plus souvent en forme de cœur (parfois inversé), mais il arrive aussi qu’il soit en forme de trèfle, de fleur ou plus simplement de forme ronde ou ovale.

D’ordinaire, c’était l’arrière du crâne que l’on prenait soin de placer au niveau de cette ouverture, par pudeur ; mais parfois, c’est bien la face qui nous observe.

On peut néanmoins se demander si les crânes étaient bien placés face à l’ouverture initialement, ou s’ils le sont devenus au fil du temps, à force de déplacements et de manipulations.

Par ailleurs, certaines boîtes ne semblent pas avoir d’ouverture — ou alors, celle-ci est tournée face au mur, empêchant de la voir.

À l’inverse, le vieil ossuaire de Noyal-Pontivy (56) contenait jadis des boîtes à crâne entièrement ouvertes côté face :

On peut voir une autre trace de boîtes à crâne ouvertes sur cette photo prise par Charles Géniaux :

Sur ces deux documents, on remarque qu’il y a aussi une inscription le long du cadre de certaines boîtes, côté face.

Inscriptions

En effet, les boîtes à crâne sont habituellement annotées d’une inscription peinte à la main, indiquant a minima :

  • le nom ou les initiales de la personne (souvent précédé par « Ci-gist », « Ci-gît » ou « Ci-gît le chef de… », etc.) ;
  • la date de sa mort, parfois sous l’écriture abrégée « d.c.d », signifiant « décédé·e » (et non pas Dead Can Dance — quoique).

On peut parfois y lire la profession de la personne, le nom de certain·es de ses proches, ainsi qu’une parole de prière en sa mémoire.

Ces inscriptions servaient à rappeler l’identité de la personne concernée, ce qui était d’autant plus important que seule sa boîte crânienne subsistait.

L’analyse de ces diverses inscriptions révèle que la pratique des boîtes à crâne a concerné des personnes issues de toutes les catégories et tranches d’âge de la société, de l’enfant au recteur, en passant par la boulangère et l’avocat.

Autres types de reliquaires

Il existe aussi des cénotaphes plus cossus pour accueillir le crâne de saints ou de saintes, tel le chef de Saint-Yves dans la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier, ou le crâne de Saint-Gonéry à Plougrescant (22) :

Boîtes à crâne de Saint-Pol-de-Léon (29)

La plus belle collection de boîtes à crâne se trouve dans la cathédrale Saint-Paul Aurélien de Saint-Pol-de-Léon, dans le Finistère.

Les 31 boîtes sont accumulées dans un grand enfeu au niveau du déambulatoire nord : cet ensemble funéraire est surnommé les « Étagères de la Nuit » (oui, ce nom est parfait).

On comptait jadis davantage de boîtes, mais certaines ont été volées ou profanées…

Les Étagères de la Nuit de Saint-Pol-de-Léon valent le détour, si vous cherchez à visiter des endroits insolites dans le Finistère nord.

Lors de votre visite de la cathédrale, ouvrez l’œil : il s’y cache de nombreuses sculptures et graffitis vintage très intéressants !

À ne pas manquer non plus, dans le cimetière de l’église Saint-Pierre, les niches creusées en série dans le mur d’enceinte, qui contenaient jadis encore plus de boîtes à chef que dans la cathédrale.

Boîtes à crâne de Saint-Fiacre

Classées elles aussi au titre des monuments historiques, les boîtes à chef de Saint-Fiacre (22) sont visibles dans l’ossuaire de l’église du même nom.

Au nombre de huit, ces boîtes à chef sont posées simplement sur une étagère à l’intérieur de l’ossuaire. Il est facile de les photographier depuis les fenêtres sans vitre.

Je ne résiste pas à la tentation de partager avec vous mes photos en grande taille, pour que vous puissiez apprécier la beauté brute de ces reliquaires :

L’église Saint-Fiacre elle-même vaut le coup d’œil, car elle est très représentative des petites églises bretonnes que j’adore, en granit et recouvertes de lichen. Elle date du XVe siècle, et a été rénovée à la fin du XIXe.

Aparté créatif

Mon partage des boîtes à crâne de Saint-Fiacre sur Instagram a inspiré Physaalis au point de créer une gravure en leur hommage, qu’elle a appelée « La cabane à esprit ».

Linogravure « La cabane à esprit » de Physaalis

Savoir que mes publications vous donnent des idées de promenades et de création continue à m’émerveiller ! 

Boîtes à crâne de La Méaugon

On ne peut observer que six boîtes à crâne à La Méaugon (22), mais leur disposition est assez représentative d’un usage commun en Bretagne : disposées sur une étagère en haut d’un porche de l’église, elles rappellent à tout le monde la présence et la mémoire des trépassés (Anaon en breton).

En réalité, disposer les crânes à l’intérieur du porche comme ceci permettait d’éviter la construction onéreuse d’un véritable ossuaire, en particulier dans les petites communes qui n’avaient pas forcément le budget.

La boîte à crâne la plus récente conservée à La Méaugon date de 1881, ce qui prouve que la pratique des boîtes à crâne y a perduré au moins jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Restaurée en 1850 après avoir été endommagée par la foudre, l’église Saint-Blaise quant à elle date des XVIe et XVIIIe siècles.

À La Méaugon, on ne manquera pas non plus la jolie fontaine Saint Blaise (XVIe siècle). Son eau est réputée guérir tous les maux, en particulier les maux de gorge et les maladies infantiles.

Un vieux dicton ne dit-il pas : « Saint-Blaise, de tout mal apaise » ?

En contrebas de l’église, de l’autre côté du Gouët, se trouve Notre-Dame-du-Lac, une statue de la Vierge érigée sur un rocher dans les années 2000.

Crânes et os de l’ossuaire de Lanrivain

Si, en Basse-Bretagne, l’on peut encore voir une centaine d’ossuaires datant des XVe et XVIe siècles, le vieil ossuaire de Lanrivain (22) est l’un des derniers à contenir encore des ossements humains.

Situé dans l’enceinte de l’église Saint-Grégoire, l’ossuaire de Lanrivain ne contient pas de boîte à crâne, mais un extraordinaire empilement de crânes et d’os posé à même le sol, et que l’on ne peut s’empêcher de le fixer, en songeant.

En breton, on désigne l’ossuaire par le mot karnel, mais on utilise aussi des métaphores : ti ar maro (la maison des morts) ou kraou an eskern (la crèche aux ossements). Les ossements quant à eux sont désignés par ar relegou (les reliques).

C’était surtout les membres inférieurs (tibias, notamment) qui étaient rangés dans le bon ordre sur le sol. Aujourd’hui, les rares entassements qui subsistent sont plutôt versés pêle-mêle.

La complainte de l’ossuaire

Après avoir été exhumés, les os passaient quelques années dans un ossuaire, avant de rejoindre la fosse commune lors de la cérémonie dite des « secondes funérailles ».

Dans La Légende de la Mort, Anatole Le Braz indique que le soir de la Toussaint, après les « vêpres de l’Anaon », avait lieu la « procession du charnier ».

La foule se pressait derrière le curé en direction de l’ossuaire, puis de la fosse commune, en passant entre les tombes. Le prêtre entonnait alors une gwerz lugubre, dont je retranscris un extrait ci-dessous, tiré de l’excellent livre Les ossuaires bretons de Roger Le Deunff :

Gwerz ar garnel (La complainte de l’ossuaire, 1750)

Venons au charnier, chrétiens, voyons les ossements !
De nos frères, sœurs, pères et mères,
De nos voisins, de nos amis les plus chers,
Voyons l’état pitoyable où ils sont réduits.

Vous les voyez cassés, émiettés ;
Même la plupart sont en poussière tombés.
Ici plus de noblesse, plus de fortune, plus de beauté !
La mort et la terre ont tout confondu.

Entre le pauvre et le riche, le maître et le valet,
Plus de différence ; tous sont semblables,
Il ne reste d’eux que des os, de la poussière et de la pourriture,
Ils nous dégoûteraient, si nous n’en avions pitié.

Eh bien ! en ce pitoyable état où ils sont réduits,
Ils parlent, et leur parole muette et d’une singulière éloquence.
Ils nous font la leçon, et c’est à nous d’en profiter,
Tant qu’il plaira à Dieu de nous laisser en ce monde.

Écoutez donc leur enseignement, écoutez-le bien,
Avec un cœur désireux d’en tirer bon profit.
Ils vous disent clairement qu’eux aussi ont été de ce monde,
Et que vous mourrez comme eux, quand vous y penserez le moins.

(…)

Sa fé réfléchir.

Calvaires de Lanrivain

Près de l’ossuaire de Lanrivain, n’oubliez pas de lever les yeux et d’observer ce qui se trouve autour de vous, car, une fois n’est pas coutume, les détails mémorables et les visions troublantes ne manquent pas !

Bénir les trépassés

Détail intéressant : sur la façade de certains ossuaires subsiste un bénitier de pierre, sculpté en creux ou en saillie.

Emplis d’eau bénite, ces bénitiers permettaient de se signer et d’asperger les ossements lorsque l’on venait prier auprès des reliques de ses parents défunts.

On peut voir ce type de bénitier sur le fabuleux ossuaire de La Roche Maurice (29) par exemple (NB : je publierai un billet dédié à l’Ankou prochainement) :

On trouve aussi ce type de bénitier à Moustoir-Remungol (56) et à Ploubazlanec (22) — mais sans le faucheur :

Disparition progressive des ossuaires en Bretagne

Hélas, les ossuaires bretons ont disparu au fur et à mesure que la translation des ossements en leur sein a été abandonnée, aux XIXe et XXe siècles.

Nombre d’entre eux ont été détruits, soit parce qu’ils n’étaient plus assez solides ni viables, soit à cause de travaux de rénovation du cimetière et de choix d’urbanisme.

Cependant, certains ossuaires ont été embellis et transformés en chapelles funéraires — c’est le cas pour la plupart des ossuaires du Léon, par exemple à Saint-Thégonnec ou à Plougonven.

Où voir des boîtes à crâne en Bretagne ?

Ci-dessous, une liste que j’ai constituée au fil de mes recherches, et que je mettrai à jour au fur et à mesure de mes voyages et découvertes.

Je signale aussi à toutes fins utiles que l’on trouve une liste des ossuaires bretons et de leurs caractéristiques (présence d’ossements ou de reliques par exemple) dans le livre Les ossuaires bretons de Roger Le Deunff (cf. bibliographie à la fin de ce billet).

Si vous connaissez d’autres endroits où l’on peut admirer des boîtes à crâne et autres reliques non sacrées en Bretagne, n’hésitez pas à le signaler en commentaire ! Et si vous vous rendez dans un lieu indiqué, mais qu’il n’y a plus rien à voir, n’hésitez pas à me le signaler aussi.

Côtes d’Armor

  • La Méaugon : 6 boîtes à crâne sont visibles au-dessus du porche de l’église.
  • Lanloup : deux boîtes à crâne situées au-dessus du porche de l’église Saint-Loup, à vérifier. Il y en avait une troisième, mais elle a été volée en 2009.
  • Plestin-les-Grèves : boîte à crâne conservée dans l’église Saint-Efflam, à vérifier.
  • Plouha : dans la chapelle de Kermaria-an-Isquit, le chef de Lezobré a longtemps été présenté dans une boîte à crâne. Est-elle encore visible ? Quoi qu’il en soit, cette chapelle vaut le détour pour sa danse macabre.
    Chapelle de Kermaria-en-Isquit. Sainte Berthe et le chef de Lézobré.
  • Plufur : au moins une boîte à crâne située dans l’église Saint-Florent, à vérifier.
  • Saint-Fiacre : 8 boîtes à crâne sont exposées sur une étagère à l’intérieur de l’ossuaire.

Autres communes pouvant abriter une ou plusieurs boîtes à crâne, à vérifier : Guimiliau (qui vaut de toute façon le détour pour son enclos paroissial), Paimpol et Saint-Thélo (église).

Finistère

  • Landunvez : il y aurait encore un ossuaire à crânes, sans boîte. Présence possible de niches dans lesquelles on aurait rangé les crânes – à vérifier.
  • Plouescat : la chapelle du Calvaire conserverait dans une boîte à chef le crâne de Jacques Marhic, recteur de la paroisse au début du XVIIIe siècle. Encore visible ?
  • Saint-Pol-de-Léon : 31 boîtes à crâne disposées sur les « Étagères de la Nuit », visibles dans la cathédrale Saint-Paul Aurélien.

Au cours de mes lectures, les communes de Brelez/Brélès (église) et Porspoder (ossuaire) ont également été signalées, mais je n’ai pas trouvé de preuve récente de la présence de boîtes à crâne. J’irai voir par moi-même, et le cas échéant, je mettrai à jour la liste !

Par ailleurs, à propos de Plouzélambre : l’ossuaire contenait 11 boîtes à crânes. Or, 5 d’entre elles ont été volées : aussi, les 6 boîtes restantes ont été mises à l’abri dans un endroit inaccessible au public.

Plouzélambre abrite aussi une boîte à crâne triple, qui a longtemps été conservée dans la secrétairerie située au-dessus du porche monumental. Néanmoins, cette merveille est désormais rangée dans la tour, et on ne peut y accéder, sauf exceptionnellement pendant certaines Journées du patrimoine. (Un grand merci à Pola pour ces précisions.)

Morbihan

Dans le Morbihan, pas de boîte à crâne à proprement parler à ma connaissance, mais il y a quand même plusieurs crânes à aller admirer :

  • Brech : dans l’église (ou dans la crypte ?), présence de reliquaires en bois contenant des crânes ?
  • Moustoir-Remungol : un crâne serait exposé dans la chapelle Notre-Dame-des-Fleurs, à vérifier. Si vous y allez, ne manquez pas non plus le bénitier sculpté en saillie sur un des murs de l’ossuaire.
  • Pluméliau : deux crânes sont encastrés dans le mur nord de la chapelle Saint-Nicolas-des-Eaux.
  • Sarzeau : trois crânes sont incrustés au-dessus du bénitier dans le mur ouest de la chapelle Saint-Martin.
  • Guern : un crâne est incrusté dans le mur nord de la chapelle Saint-Gilles du Guermeur.

Ille-et-Vilaine

Il n’existe a priori aucune boîte à crâne en Ille-et-Vilaine.

L’usage de ces boîtes est inconnu dans le département d’Ille-et-Vilaine. Il appartient à la partie armoricaine de la Bretagne.

Théophile Ducrocq, Des ossuaires et des boîtes à crâne de la Bretagne armoricaine, p.6

Où voir des ossuaires contenant encore des ossements en Bretagne ?

  • Ossuaire de Lanrivain (22)
  • Ossuaire de Trégornan-en-Glomel (22)

En existe-t-il d’autres ?

À signaler aussi : une boîte à ossements visible à Carnac (56).

Boîtes à crâne : les maux de la fin

Derrière son image bucolique et maritime, la Bretagne abrite de nombreux mystères et lieux insolites qui valent le détour si, comme moi, vous aimez tout ce qui sort de l’ordinaire, avec un intérêt prononcé pour la mort.

Les boîtes à crâne sont sans conteste une des merveilles du patrimoine funéraire breton.

Mais, bien que cette pratique a été répandue, le nombre de boîtes à chef a dramatiquement diminué :

  • d’une part parce que les crânes ont été inhumés depuis, parfois à la demande de l’Église (cela a par exemple été le cas de cet ossuaire de Saint-Pol-de-Léon et de l’ossuaire de Noyal-Pontivy) ;
  • d’autre part parce que certains crânes et boîtes ont fini par s’abîmer et ont disparu ;
  • enfin parce que ces boîtes sont sujettes au vol (par exemple à Saint-Pol-de-Léon comme on l’a vu, à Plouzélambre ou encore à Lanloup), voire aux profanations : ça a été le cas pour les boîtes à crâne de Marville, dans la Meuse (55). Il est très rare qu’elles soient restituées.

Le risque que ces boîtes à crâne disparaissent complètement est réel. Aussi, si vous avez l’occasion de faire un tour ou un détour pour admirer ces trésors, foncez ! (Et dites m’en des nouvelles.)

Si vous avez apprécié ce billet, n’hésitez pas à me laisser un commentaire, voire à en parler autour de vous ! Votre soutien compte *beaucoup*.

Bibliographie

Livres

  • DE KORT Fons, Crèches aux os et Chapelles des morts en Bretagne, Éditions Label LN, Ploudalmézeau, 2011
  • DUCROCQ Théophile, Des ossuaires et des boîtes à crânes de la Bretagne armoricaine, Poitiers, 1879-1889, consulté sur Gallica.fr le 29/08/2021
  • KOUDOUNARIS Paul, L’Empire de la Mort, Éditions du Regard, Paris, 2011
  • LASCAUX M., Légendes et traditions de la mort en Bretagne, Éditions Jos, Châteaulin, 1983
  • LE BRAZ Anatole, La Légende de la mort, Coop Breizh/Éditions Jeanne Lafitte, Marseille, 1994
  • LE DEUNFF Roger, Les ossuaires bretons, Éditions de la Plomée, Guingamp, 1999
  • LE SCOUËZEC Gwenc’hlan, Guide de la Bretagne mystérieuse, Tchou, collection Les Guides noirs, 1968
  • GIRAUDON Daniel, Sur les Chemins de l’Ankou, Croyances et légendes de la mort en Bretagne et pays celtiques, Yoran Embanner, Fouesnant, 2012
  • LAGRÉE Michel, ROCHE Jehanne, Tombes de mémoire. La dévotion populaire aux victimes de la Révolution dans l’Ouest, Éditions Asmodée, Rennes, 1993
  • RIO Bernard, Voyage dans l’au-delà. Les Bretons et la mort, Éditions Ouest-France, Rennes, 2013

Web

Qui plaisante avec la mort trouve à qui parler.

Marie

Déjà 59 commentaires

  1. « Sa fé réfléchir. »
    J’ai quasiment hurlé de rire 🤣

    Plus sérieusement, merci pour tout ce travail délicat, fouillé et fait avec amour. C’est passionnant à lire, comme un genre de dégustation de découvertes.

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    1. 😬

      Merci à toi de continuer à me lire, et à me suivre dans mes aventures de nerd ! Ton mot me va droit au cœur.

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    2. Svencoralie

      7 septembre 2021

      1000 mercis pour cet article tellement riche et documenté.
      C’ est super d’ avoir partagé la bibliographie qui va venir agrandir ma liste de souhaits déjà trop longue  : )
      Pour finir tes photos sont très belles aussi ça me donne envie de revenir en Bretagne.

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      1. Merci beaucoup ! Savoir que ça te donne encore plus envie de revenir te promener en Bretagne est un très joli compliment :)

  2. Merci pour cet article instructif !
    Ton blog ne cesse pas de m’étonner !

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    1. Pas peu fière ! Merci Maïa ♥

      Répondre

  3. MDR j’ai déjà été pas mal de fois dans la cathédrale de St Pol de Léon et je n’avais même pas connaissance de ces boites, comme quoi ! (Bon à ma décharge je sais y être allé pour des cérémonies mais je ne suis pas sûr d’y avoir été pour la visiter). Du coup merci, ça fait un truc à aller voir lors d’une prochaine visite !

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    1. Je t’en prie ! Si tu savais le nombre d’endroits que je visite en n’ayant vu/perçu qu’une fraction de choses… Et même en y allant pour voir une curiosité particulière, et en étant particulièrement à l’affût de toute bizarrerie, j’apprends systématiquement qu’au même endroit il y avait tel ou tel autre truc à voir et à côté duquel je suis complètement passée… Mais c’est bien, ça fait autant de raisons d’y retourner !

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  4. Merci pour ce merveilleux article, j’ai pris beaucoup de plaisir à déambuler avec toi. :)

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    1. Je suis ravie ! Merci beaucoup d’être passée ainsi que pour ton mot doux, Elsa !

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  5. J’ai passé mon enfance en Bretagne mais je découvre totalement cette pratique ! (Bon, en Île-et-Vilaine, à priori, c’était normal…)

    Les souvenirs funéraires ne sont pas forcément ma came mais imaginer que ces cranes ont appartenu à des vrais gens, que des personnes ont fabriqué puis peint des boîtes avec soin, ça rend quand même toute chose.

    Mais ce que je retiens de cet article, ça reste évidemment les noms de village bretons 💜 (*music to my ears* comme disent les grands bretons !)

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    1. J’ignorais que tu étais d’extraction brétillienne ! C’est cool. As-tu encore des proches dans le coin, et/ou l’occasion de revenir visiter ?

      Je comprends que les curiosités funéraires ne soient pas forcément à ton goût, et je te remercie d’avoir lu et commenté mon billet malgré ça. :)

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      1. Hélas non, je n’ai plus de raisons « officielles » de venir en Bretagne : c’était un déménagement purement professionnel pour mes parents ; et de mon côté, je n’ai gardé aucun contact avec mes ami.es de maternelle/primaire.

        Ne me reste en mémoire que les noms de villages et les crêpes à St Malo le jour de mon anniversaire (y a pire comme enfance 😇).

  6. De la nécromancie bretonne! Je savais bien qu’Anaon c’était pas net comme pseudo j’aurais mieux fait d’apprendre le breton. 😋

    Passionnant et instructif comme toujours, je me demande si le crâne de Yorick se trouve parmi eux. Je trouve ce rapport à la mort bien plus sain qu’actuellement où beaucoup oublient que la vie est une maladie mortelle dans tous les cas.

    Pour les boîtes à crânes sans ouverture, c’est peut-être parce que celui-ci était trop abîmé pour être exposé (ce n’est pas parce qu’on est mort qu’on n’a pas un minimum de fierté! ou de timidité! ou les deux!)?

    Vivement des nouvelles de l’Ankou!

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    1. Tu plaisantes, mais il y a vraiment eu des nécromancien·nes breton·nes. J’en avais un peu parlé dans mon billet magie et sorcellerie en Bretagne (mais ça commence un peu à dater, il est vrai).

      Je trouve ce rapport à la mort bien plus sain qu’actuellement où beaucoup oublient que la vie est une maladie mortelle dans tous les cas.

      C’est bien résumé ! J’irais même jusqu’à dire : bien plus sain qu’actuellement où beaucoup oublient que certaines maladies peuvent encore être mortelles. Lalala.

      Pour les boîtes à crânes sans ouverture, c’est peut-être parce que celui-ci était trop abîmé pour être exposé

      Oui, c’est une hypothèse crédible ! Je rêve d’un catalogue patrimonial qui les recenserait toutes, photographiées sous tous les angles, avant qu’elles ne disparaissent complètement…

      Vivement des nouvelles de l’Ankou!

      Yay !

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      1. Non je ne plaisante pas avec la nécromancie bretonne. Les fantômes et les Bretons, du moins ceux que je connais, sont beaucoup trop caractériels pour que je prenne ce genre de risque. 😋

        Je rêve d’un catalogue patrimonial qui les recenserait toutes, photographiées sous tous les angles, avant qu’elles ne disparaissent complètement…

        Puisque tu es douée pour la photographie et que ce genre de sujets qui sort des cimetières ordinaires te passionnes tu sais dans quel nouveau projet te lancer.

  7. Article passionnant et tellement riche ! Une excursion en Bretagne s’imposera pour aller admirer tout ça !

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    1. Super, c’était bien mon intention ! Merci pour ton gentil mot :)

      Répondre

  8. Je suis bien content que tu ne te sois pas « contentée » de tes posts sur les réseaux sociaux ! Ce billet est fabuleux :) faits et anecdotes intéressantes, bien raconté et bien illustré… ça se sent que c’est un sujet qui t’a embarqué <3, on n'est pas passé loin de devoir t'ériger une petite plaque "perdue dans les vagues du folklore breton" ou je me trompe ?

    Accessoirement, c'est le type d'article où je me dis vraiment que je suis passé à côté de quelque chose. J'ai visité une bonne partie de ces lieux et pourtant n'avait pas remarqué ces boîtes. Au passage, je garde un souvenir émerveillé de Plouha (chapelle de Kermaria-an-Isquit) et pas que pour la danse macabre, alors ça me donnera une raison de plus d'y retourner un jour.

    Répondre

    1. Hello Mealin !

      Je suis bien content que tu ne te sois pas « contentée » de tes posts sur les réseaux sociaux ! Ce billet est fabuleux :) faits et anecdotes intéressantes, bien raconté et bien illustré… ça se sent que c’est un sujet qui t’a embarqué <3

      Merci beaucoup ! Pour les réseaux sociaux : bien que je manque de data, j’ai l’impression que mes publications sur Instagram en particulier rameutent pas mal de monde sur mon blog (en tout cas, les personnes que le sujet intéresse vraiment), et ça me conforte dans ma démarche POSSE (Publish (on your) Own Site, Syndicate Elsewhere).

      on n’est pas passé loin de devoir t’ériger une petite plaque « perdue dans les vagues du folklore breton » ou je me trompe ?

      Héhé oui, plus j’avance dans mes recherches, plus je me dis que j’ai vraiment bien fait de poser mes valises dans cette région.

      Accessoirement, c’est le type d’article où je me dis vraiment que je suis passé à côté de quelque chose. J’ai visité une bonne partie de ces lieux et pourtant n’avait pas remarqué ces boîtes.

      Aller dans un endroit mais ne réaliser que bien plus tard que j’ai loupé des turcs : l’histoire de ma vie ! C’est pour ça que je lis autant sur les curiosités, pour essayer d’en retenir le plus possible. Mais même en faisant ça, je loupe encore beaucoup de choses. Après, ça fait de bons prétextes pour y retourner, aussi :)

      Au passage, je garde un souvenir émerveillé de Plouha (chapelle de Kermaria-an-Isquit) et pas que pour la danse macabre, alors ça me donnera une raison de plus d’y retourner un jour.

      J’ai bien hâte d’y aller ! C’était prévu cet été, mais on a loupé les créneaux d’ouverture à deux reprises. Ça sera donc pour une prochaine fois !

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  9. Merci pour le partage, ton article est très instructif, très documenté et richement illustré, gros travail 😯👏 !
    Merci ++ pour les adresses !

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    1. Avec plaisir, Carine ! Merci pour ton retour, c’est toujours cool de te lire :)

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  10. Ton article est vraiment super, documenté et tout et tout…. TOP ! Bon, malheureusement pour moi, vu la conjoncture économique de mon compte en banque, je désespère de voir un jour tout ça en vrai… Et comme bien sûr, je réside dans le seul coin de Bretagne où ces merveilleuses boîtes n’existent pas (comme par hasard !)… Mais tant pis, il me reste tes belles photos ^^
    Bravo pour cet article, du coup j’attends avec encore plus d’impatience les prochains (je dois pas être la seule d’ailleurs ^^ PAS DE PRESSION DU TOUT ! ^^)
    Belle journée,
    Alexandrine

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    1. Merci beaucoup Alexandrine !

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      1. Du coup, j’ai fouiné un peu dans mes archives de bibliothèque : j’ai un livre sur les cartes postales de la france insolite, et il y a bien une reproduction d’une carte postale de l’ossuaire de Saint-Hilaire de Marville, ainsi que de celui de Noyal-Pontivy. Il y a également une carte postale d’un enterrement spectaculaire à Fouesnant : à l’ocassion de l’enterrement d’une jeune fille, toutes les jeunes filles de la paroisse ont suivi le cercueil, entièrement vêtues de blanc. Assez fabuleux comme vision !

  11. Incroyable tant de délicatesse dans la mort … Bravo pour ta plume qui, comme d’habitude, nous émerveille tout en respectant toujours l’objet de ton admiration <3
    Je suis particulièrement en amour devant celles avec des ouvertures en forme de coeur. On dirait vraiment des maisons à oiseaux, c'est poétique à un point …

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    1. Merci beaucoup Marion !

      Je suis particulièrement en amour devant celles avec des ouvertures en forme de coeur. On dirait vraiment des maisons à oiseaux, c’est poétique à un point …

      Oui, d’ailleurs ce n’est pas rare que des oiseaux s’en servent effectivement comme nid, comme en témoignent les plumes et fientes par ci par là.

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  12. Merci pour cet article passionnant ! Bien que bretonne (enfin j’ai grandi a St-Malo donc pas la ville la plus bretonne), je ne connaissais pas ces boîtes à cranes ! Et pourtant il me semble avoir visiter St-Thegonnec au collège ! Damned je suis passée à coté de ça ! Maintenant que je suis revenue en Bretagne (la vraie hahaha) j’ai super hâte d’aller voir ça de mes yeux !

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    1. Merci beaucoup Géraldine !

      Paradoxalement, ce n’est pas parce que l’on a grandi à un endroit que l’on connaît tous ses recoins. Je m’en suis rendue compte à chaque fois que j’ai changé de région ; par exemple, j’ai vécu sept ans à Paris, et ce n’est qu’aujourd’hui que je pense avec nostalgie à tous les endroits super que j’aurais pu aller voir quand j’y vivais. Cela dit, je ne regrette rien ; chaque chose en son temps.

      Je te souhaite d’ores et déjà de belles promenades aux côtés des trépassés !

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  13. Mais quelle merveille de découvrir tout ça ! La Lune Mauve, c’est vraiment le bon coin à champignons du web (parfois vénéneux, toujours sublimes)
    Merci-merci de prendre le temps de nous soulever un coin du voile du folklore, pas le plus spectaculaire, mais certainement le plus émouvant…

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    1. La Lune Mauve, c’est vraiment le bon coin à champignons du web (parfois vénéneux, toujours sublimes)

      Ahah merci du compliment Pimprenelle, j’adore ta comparaison ! (J’adore les champignons.)

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  14. Belle plongée dans une tradition que je ne connaissais que de loin ! La Bretagne me fascine de plus en plus.

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    1. Merci Audrey ! Toi qui aimes les voyages gothiques, tu aurais sans aucun doute de quoi faire si tu venais faire un tour en Bretonnie !

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  15. Merci pour ce super article ! ♥
    Quand tu en as parlé sur instagram, j’avais qu’une hâte, c’était de le lire !!
    Il est complet, bien documenté et tes photos rendent vraiment hommage au folklore si passionnant de la Bretagne.
    Moi qui adore le folklore, les croyances populaires et les curiosités, je suis servie !!!
    Encore merci et bravo pour cet article !

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    1. Ça me fait bien plaisir, merci beaucoup Kerlhau !!

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  16. Wouah ! Quel travail. Ce billet devrait plutôt s appeler reportage d’investigation par la grande journaliste Marie. Chapeau.
    C’est passionnant toutes ses traditions qui disparaissent malheureusement et qui pourtant ne sont pas si vieilles. On a l’impression que la mort n’était qu’une étape pour nos aïeux et pas une fatalité. Alors que maintenant nous manquons de fantaisie et de poésie, rendant finalement notre vie et notre fin plus mécanique.

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    1. Héhé, merci de tout cœur pour ton gentil commentaire, July !

      On a l’impression que la mort n’était qu’une étape pour nos aïeux et pas une fatalité.

      C’est tout à fait ça !

      Répondre

  17. Bonjour Marie,
    Quel plaisir de voir un tel article ! J’avais, de mon côté découvert les boites à crâne en 2011 et me rappelle très bien de celles exposées derrière la grille de Saint-Pol-de-Léon, tellement je ne m’y attendais pas, tellement ça m’avait plu. (on peut encore voir cette photo sur Lomography d’ailleurs)
    En 2018, je suis retournée dans le Finistère pour visiter les enclos paroissiaux (Église +calvaire monumental +ossuaire + entrée monumentale), des lieux donc où tu es certaine de trouver des ossuaires.
    Je garde un bon souvenir de ceux de Sizun, Guimiliau et Saint-Thégonec. Et l’entrée monumentale de Sizun reste vraiment à part pour moi.
    Sinon, je ne sais pas si tu le sais, mais à la chapelle de Kermaria, tu peux voir des fresques représentant la danse macabre ! Je ne l’ai pas encore vue, mais j’ai hâte de retourner par là-bas.
    Ces dernieres semaines, j’ai eu la chance de camper à Le Guerno, dans le Morbihan. L’église est singulière et belle, elle possède une belle tour, une chair extérieure, et le petit plus, des fresques intérieures évoquant la jeunesse de la Vierge et des stalles en pierre.
    Encore merci pour cet article. Je suis bien contente que tu vives en Bretagne, car moi qui l’adore, tu me permets aussi de découvrir de nouvelles choses ☺️.
    Bon Dimanche !
    Héloïse

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    1. Chère Héloïse, merci beaucoup pour ton message, tes recommandations de voyage (surtout dans le Morbihan, que je connais très mal) et le lien vers les trois photos violettes (le kiff, et toujours un plaisir d’y croiser La Fille Renne).

      Bien d’accord avec toi sur l’entrée de Sizun, avec sa serpente… Une de mes visions préférées ! La route des enclos est une merveille – d’ailleurs j’aimerais la documenter sur mon blog, mais tant de choses ont déjà été écrites à ce sujet que j’ai du mal à voir ce que je pourrais apporter de neuf.

      Tiens, pas plus tard qu’hier, j’ai appris qu’il y avait aussi des enclos en Haute Bretagne, moins connus mais peut-être plus anciens. Je vais mener l’enquête !

      Je devais aller visiter Kermaria cet été, malheureusement c’était fermé les deux fois que je pouvais m’y rendre… Ce n’est que partie remise !

      Cela me fait bien plaisir de te relire en tout cas 💜

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  18. Nine Sevenson

    12 septembre 2021

    Tu as raison, les étagères de la nuit c’est vraiment un nom parfait ! J’adore recevoir un petit mail le dimanche quand tu as posté un article dans la semaine, c’est toujours un doux moment de ma matinée.

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    1. Merci beaucoup, Nine ! C’est doux aussi pour moi de découvrir chaque nouveau commentaire, quand les mails sont arrivés à destination.

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  19. Je crois que je serai très mal à l’aise si un·e proche finissait dans une boite à crâne, encore plus si le crâne était tourné de face, côté ouverture.
    Ça serait comme affronter le regard de la mort je crois.

    D’autres époques ou cultures pratiquaient le masque mortuaire, afin que la personne ne perde jamais son visage, son identité.
    Ici c’est l’inverse, tout le monde fini avec la même apparence, jusqu’à être mélanger dans l’ossuaire.
    Et surtout c’est donner une visibilité à la mort, et aux morts : ils ne sont plus cachés, ils ne sont plus sous terre, on les regarde en étant debout.
    Rien que ça (sa fait réfléchir ^^) contraste avec tout ce qu’on connait.

    Sacrée Bretagne

    Répondre

    1. c’est donner une visibilité à la mort, et aux morts : ils ne sont plus cachés, ils ne sont plus sous terre, on les regarde en étant debout.
      Rien que ça (sa fait réfléchir ^^) contraste avec tout ce qu’on connait.

      C’est tout à fait ça ! Ça renforce l’effet « Hirie Dime, Varchaos Dide » (aujourd’hui c’est moi, demain toi) que l’on peut lire sur certains catafalques (à Saint-Gilles Pligeaux notamment – dont l’église était hélas fermée quand j’y suis passée, pas de photo prise par Bibi pour l’instant, donc).

      Merci pour le rattrapage de comms’ !

      Répondre

  20. Tu connais maintenant mon amour pour cette pratique, quel plaisir de lire cet article fourni et travaillé que tu lui consacres ! Je ne sais pas bien comment le dire autrement : je les trouve trop mignonnes, ces boîtes à crâne.
    Une autre raison de venir visiter la Bretagne (qui est déjà en haut de ma liste depuis des lustres).

    Ca me donne également envie de creuser les pratiques funéraires par chez moi, autant dans mon Auvergne natale que dans ma Provence adoptive. Pas sur qu’aucune des deux régions puisse rivaliser, cela dit.

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    1. Merci beaucoup, Sempra !

      Je ne sais pas bien comment le dire autrement : je les trouve trop mignonnes, ces boîtes à crâne.

      Héhé oui, elles sont touchantes, avec leurs petits cœurs et orbites vides…

      Ca me donne également envie de creuser les pratiques funéraires par chez moi, autant dans mon Auvergne natale que dans ma Provence adoptive. Pas sur qu’aucune des deux régions puisse rivaliser, cela dit.

      Cela serait vraiment merveilleux ! Quoi que tu trouves, et quel que soit le volume des découvertes, cela sera forcément intéressant.

      Répondre

  21. Dizaines de Clefs

    13 septembre 2021

    Merci pour cette découverte et toutes tes recherches que tu nous livres ! J’avais déjà une envie folle de découvrir la Bretagne, grâce à toi, je me fais une liste plus précise de lieux à aller voir ! Merci Marie !

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    1. C’est super ! Je suis ravie. Merci beaucoup pour ton mot !

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  22. Magnifique article, surprenant et très documenté ! Ça me donne envie de retourner en Bretagne !

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    1. C’est le meilleur endroit, s’tout ! Merci ma Marinou !

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  23. Waouh! Je venais ici consulter un autre billet que tu avais fait sur les boîtes à crâne et voilà qu’il y a en un tout neuf et hyper fouillé! Merci!!
    J’ai d’ailleurs très hâte de lire ta chronique sur Ankou « le dernier mort de l’année ».

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    1. Super, merci, ton enthousiasme fait très plaisir à lire ! Je pense que je m’attaquerai à l’Ankou l’an prochain.

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  24. Très joli article, ces boîtes à chef sont étrangement… mignonnes. Je me demande ce que ma maman, bretonne et qui a une sainte horreur des squelettes et crânes, en penserait ! ^^

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    1. Merci Louise ! Loin de moi l’envie de mettre ta maman mal à l’aise :)

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  25. Merci pour cet impressionnant article, aussi intéressant que magnifique ! Je n’avais encore jamais entendu parlé de ces boîtes (excepté sur ton compte Instagram ahah), mais ça me donne fort envie de passer quelques jours en Bretagne… x

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    1. Merci beaucoup Ophélie ! Il y a un paquet de chouettes trucs à découvrir en Bretonnie, en effet… J’ai d’ailleurs encore pas mal de choses à publier à ce sujet. Je suis heureuse si cela te donne des envies de bougeotte !

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  26. Le Druillennec

    30 octobre 2021

    J’ai ADORÉ cet article et j’ai vraiment hâte d’aller voir celles des Côtes d’Armor.
    Merci beaucoup de m’avoir fait découvert ça.

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    1. Merci beaucoup ! Bonnes promenades :)

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  27. Bonjour Marie, et merci pour cet article passionnant ! Pour ce qui concerne Landunvez, je suis en mesure de vous confirmer la persistance d’un ossuaire à crânes, situé près de la chapelle de Kersaint. Simone Goubet en a fait mention dans les Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne en 1979 (lien). Une photo datant de 2016 peut être consultée sur Wikimedia Commons (lien).

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    1. Bonjour Yves, et bienvenue ! Merci beaucoup pour ces infos. D’après la photo, il ne semble plus avoir de crânes à observer, seulement leurs niches… À moins qu’ils n’aient été déplacés quelque part ?

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