J’ai fait profil bas pendant le mois de mai.

J’ai déserté la place publique, je n’y étais pour personne – le temps que passent les énergies contradictoires qui passaient par là.

Mon laboratoire croulait sous l’accumulation et la torpeur. J’ai donc commencé à ranger.

Ce qui a commencé timidement s’est mué en une tâche herculéenne. Je ne pensais qu’à ça : vider, donner, jeter… Incapable de me concentrer sur le moindre projet créatif tant que ça ne serait pas terminé.

Désencombrer mon environnement en espérant que cela m’aiderait à y voir plus clair émotionnellement.

Épure.

(Ou son vœu pieux.)

Le tri matériel est lié à la transformation. Il se passe quelque chose dans ces moments-là. Peut-être que le cerveau profite qu’on ait les mains bien occupées pour se purger en tâche de fond ?

Quoi qu’il en soit, maintenant, je respire mieux.

Ci-dessous, des émois contrastés. Le patriarcat sanctionne la colère des femmes – raison de plus pour faire chanter cette colère fièrement, au moins quelques instants, dans l’espace feutré de ma planète.

Toxicité

Le contre-coup.

Le revers de la pièce.

Le démaquillage.

Le reveal.

Voir une personne qu’on a adorée telle qu’elle est vraiment.

Ne plus baser ses sentiments sur ce qu’on aimerait que l’autre soit, mais sur les preuves.

We have a right to be in healthy relationships where we can be our authentic self and feel respected and fulfilled.

Sara Lindberg

Define toxicité : la toxicité, pour moi, c’est quelqu’un qui ne vit qu’à travers le conflit.

Elle s’ennuie quand tout va bien.

Elle exulte quand elle te confronte.

Encore, et encore.

Les trésors d’énergie et de patience qu’il faut déployer pour supporter ces personnes-là…

Heureusement, rien ne nous y oblige. Pourquoi consacrer cette énergie et ce temps à des relations stériles ?

C’est au-dessus de mes forces.

I know we’re dying
and there’s no sign of a parachute
we’re screaming in cathedrals
why can’t it be beautiful
why does there gotta be a sacrifice

Tori Amos, iieee

Alchimie émotionnelle

En parlant de relations toxiques : la jalousie est un poison.

Par exemple, quand vous parlez à quelqu’un de vos projets créatifs avec enthousiasme et sincérité, et que la dite personne détruit tout en une phrase assassine.

(Le long silence qui suit.)

Ce com­por­te­ment pisse-froid a pour but de m’empêcher de prendre suffisamment confiance en moi et de faire encore plus de trucs chouettes.

Quand je fais le compte, ce sont surtout des hommes, croisés au hasard de mon activité professionnelle et/ou artistique, qui m’ont coupé l’herbe sous le pied.

Questionnant avec sévérité le moindre de mes projets, me contaminant avec leur anxiété, et m’infligeant leurs railleries si d’aventure je donne l’impression d’avoir confiance en moi.

Un sabotage peut-être inconscient, résolument systémique, pour que mes sœurs et moi ne les dépassions surtout pas.

De l’extérieur, je donne l’impression d’avoir fait plein de choses – et c’est vrai, j’en ai déjà fait pas mal.

Mais je me suis aussi auto-sabordée plus souvent qu’à mon tour, laissant tomber rêves et grands projets, tout ça à cause, parfois, de la phrase assassine de trop.

Je me rassure en me disant que j’ai le temps, tant que je respire.

Pour arriver là où on est, à cette seconde précise, il a fallu passer par moult chemins détournés. On n’est pas à 5 minutes près.

Chaque difficulté rencontrée porte en elle un potentiel positif, que nous sous-estimons parce que, avouons-le, nous aimons nous plaindre.

Mais la merde que les jaloux et les jalouses nous balancent au visage peut se trans­for­mer en or, les ami·es. C’est notre alchimie émotionnelle, notre super pouvoir.

Créer est mon identité. Et, malgré tous les obstacles sur ma route, malgré toutes les personnes sincèrement « bien intentionnées » et/ou vertes de jalousie qui ont essayé de m’empêcher d’avancer dans cette direction : well, hello fuckers, je suis encore là, inspirée et déterminée.

Certes, les personnes toxiques croisées au fil du temps ont rempli mon réservoir à auto-dépréciation avec générosité. Mais celui-ci déborde tant maintenant qu’il alimente ma ferveur.

Dorénavant, plus on tente de me décourager, plus je m’entête.

Une chambre à soi

J’aime beaucoup le podcast La Poudre, qui a récemment interviewé Chris (Christine and the Queens).

Plusieurs passages ont fait mouche, mais c’est surtout la fin qui a eu le plus d’écho en moi. Lauren Bastide demande alors à Chris : Est-ce que vous avez accès à votre chambre à vous ?.

Et Chris commence par évoquer le dernier album de Weyes Blood, dont la pochette représente l’artiste dans sa chambre d’ado complètement inondée.

Un lien que je ne soupçonnais pas s’est immédiatement noué entre Chris et moi : ça fait toujours « tilt » quand quelqu’un parle en bien de la musique que j’aime.

Ensuite, Chris dit (je retranscris et souligne) :

J’ai quand même eu une adolescence très solitaire, pas recluse dans le mauvais sens du terme, mais très dans ma chambre. (…) J’ai mythologisé cette idée de la chambre d’adolescente dont on ne sort pas vraiment, on y revient… (…) Ma jeunesse est très liée à ça, à l’idée d’être au chaud, dans le silence quelque part dans cette pièce-là. (…) Quand j’ai commencé aussi à être un peu exposée, j’ai jamais voulu tout donner. Je trouve aussi que c’est très important de savoir se retirer, ou se taire, ou pas répondre à tout, pas tout montrer… D’ailleurs j’aime bien l’idée d’habiter quelque part, et que personne ne voit vraiment cet endroit où j’habite. J’arriverais pas à laisser la chambre être inondée par les eaux, j’aimerais pas trop ça. J’arrive à me réfugier dans cette chambre-là, souvent d’ailleurs. Sinon je deviendrais un peu zinzin. Moi j’ai quand même un rapport à la solitude qui est assez naturel, et indispensable.

À ce moment-là, j’ai réalisé à quel point ma chambre d’ado, puis mes « pièces » successives (mes studios d’étudiantes, mes différents bureaux) ont joué et continuent à jouer un rôle crucial dans ma vie.

Au fil des ans, j’ai souvent décrit mon blog perso comme une sorte de « tour d’ivoire », où j’ai tout le loisir de m’échapper et de faire ce que je veux.

Ce tour d’y voir numérique est né précisément au sein même de ma tour d’ivoire d’alors : ma chambre d’ado, tapissée de posters de The Crow, de Dana Scully et de Marilyn Manson, dont je pouvais fermer la porte, et savourer cette solitude si réconfortante, en écoutant de la musique très fort.

Silence

Quant à la phrase c’est très important de savoir se retirer, ou se taire, ou pas répondre à tout, pas tout montrer… : tout est dit.

Je vous épargne mon analyse sur les côtés obscurs de nos identités numériques, mais le cœur y est.

Même hors d’Internet, ça fait du bien de se taire. Ça aide à réfléchir, surtout dans des situations compliquées.

Pourquoi vouloir toujours la ramener ? Pourquoi vouloir absolument réagir sur tout ?

Se taire et écouter a bien des vertus.

Écouter autrui bien sûr, mais aussi écouter le silence – ou plus exactement, écouter ce qui va peut-être être dit ou signifié.

Ou peut-être pas : parfois, ne pas répondre, c’est déjà dire quelque chose.

(Mettre quelqu’un sur un piédestal est un comportement très toxique vis-à-vis de soi, quand on y pense.)

Un espace numérique safe

Il y a trois ans, j’ai fait le choix d’être plus en retrait sur le net, marquant ainsi un tournant dans la façon dont je l’utilisais jusqu’alors (indice : trop).

Aujourd’hui, je cueille les fruits nés de cette sage décision. J’ai retrouvé ma tran­quil­li­té d’esprit.

Ne plus prendre part aux débats sur Twitter me préserve de la peur de consulter mes mentions. J’ai guéri de l’addiction que c’était devenu.

Internet est un outil central dans ma vie, mais je refuse qu’il soit source d’angoisse.

Je suis contente d’avoir réussi à me réveiller de l’illusion. Sur le moment, le choc a été si grand que j’ai failli tout laisser tomber – ou pire, tout détruire.

Malgré tout, non, je suis encore là. Et je suis fière d’avoir trouvé la force et la créativité suffisantes pour réinventer un espace d’expression numérique relativement à l’abri, où je peux m’exprimer quand ça me chante.

Désormais, je fais ce qui me fait plaisir avant tout, la truffe humide et le poil brillant.

Et quand je ressens le besoin de rentrer en dedans, à l’intérieur de « ma chambre », je rentre en dedans et ce n’est plus un problème.

En vieillissant, je ne ressens plus le besoin de me justifier, ou de m’excuser sans arrêt. C’est fou le bien que ça fait.

De ce point de vue-là, la trentaine aura été une véritable bénédiction.

D’ailleurs, je le dis à toutes les copines qui stressent la veille de leur trentième anniversaire : Le meilleur est à venir, tu vas voir !

Génération

Rien à voir, mais : tout le savoir que nous avons accumulé à la naissance de la blogosphère, mine de rien, ça compte.

Quand tout était encore « vierge », et que nos singularités n’étaient pas écrasées par la pression du design et de la monétisation.

Quand on pouvait encore bénéficier d’un véritable anonymat, et que les algorithmes ne menaçaient pas de vendre le pot au rose à chaque instant.

Quand nos blogs étaient moches, kitsch et lents, mais putain qu’on les aimait.

Quand on pouvait rencontrer ses BFF (best friends forever) sur un forum gothique pérave, et trouver le grand amour grâce à un email reçu un mardi soir à 22 h 53.

Mine de rien, tout ça, ça compte.

Je suis heureuse de l’avoir connu.

Deux pensées positives pour terminer

Parce que ça fait du bien, comme exercice.

5 ans en Bretagne

Cet été marque notre cinquième année en Bretagne, et je m’y plais toujours autant.

J’ai conscience du privilège immense que j’ai de vivre dans un lieu aussi idyllique, proche des arbres, de la lande et de la mer.

Pardonner

Cette notion difficile qu’est le pardon.

Je perçois encore trop souvent le pardon comme une faveur accordée à l’autre. Et je refuse de lui accorder cette conscience tranquille.

D’un autre côté, Amanda Palmer a écrit des choses récemment qui m’ont pas mal remuée (comme toujours), notamment ce tweet, et ce post – réservé à ses mécènes sur Patreon.

En deux mots : j’ai tort. Pardonner, ce n’est pas nier la souffrance, ni absoudre ses responsables : c’est se libérer du contrôle qu’exerce cette souffrance sur notre vie.

Je trouve cette pensée très réconfortante, et « empouvoirante ».

it isn’t what you have – possessions, talents or traumas – that defines you to the rest of us humans. it’s what you give to us. think about defining yourself by what you give and not what you got and see what happens.

Amanda Palmer

Mon vœu pieux est pur

Une fois de plus, je me suis laissée guider par mes émotions plus que par la chro­no­lo­gie.

Et c’est ce qui fonctionne le mieux, je crois.

Mon cœur vieux l’impur

Marie

Déjà 36 commentaires

  1. Très puissant le passage sur le pardon.

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    1. Merci ! :)

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  2. Ta conclusion sur le pardon va me donner du grain à moudre je crois…

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    1. C’est le but ! Un nouveau grain de sable…

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  3. Attends d’arriver à la quarantaine c’est encore mieux! Tu te fous royalement de ce que tout le monde pense.
    Et merci pour ce beau billet encore une fois.

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    1. Ahah, vivement alors ! :)

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  4. Le pardon est (en tout cas pour moi) une faveur qu’on s’accorde à soi. ;) Amanda Palmer a entièrement raison à ce sujet, à mon sens, pardonner permet de lâcher prise sur ce qu’on nous a infligé & de laisser la place à de nouvelles choses, potentiellement jolies.

    La rancoeur est quelque chose de trop moche & toxique pour la laisser s’épanouir en soi.

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    1. Oui ! 🙏🏻

      Au lieu de dire « je te pardonne », il faudrait dire « je me permets d’aller mieux et de poursuivre ma vie ». Mais cela demande beaucoup de résilience et d’estime de soi (donc : du temps).

      Mais oui, en tout cas, je suis d’accord avec toi sur le caractère toxique de la rancœur. Finalement on se blesse soi-même davantage en l’entretenant, qu’on ne souhaiterait blesser, peut-être, la ou les personnes qui nous ont fait du mal par le passé.

      Arriver à ce stade si reposant du « cela me laisse indifférente dorénavant », c’est le graal. Pour ma part, j’apprends que ne pas réagir, ne pas répondre, laisser tomber les relations qui m’ont fait souffrir et qui ne m’apporteraient rien de plus que de nouveaux tourments, est en fait très sain et me permet de guérir bien mieux, qu’en m’épuisant à essayer de convaincre une personne toxique de sa propre toxicité.

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  5. C’est vrai qu’il est dur de trouver des personnes toujours prêtes à nous encourager dans nos projets personnels… C’est d’autant plus douloureux quand celles qui sont ou ont été les plus proches de nous sont parfois celles qui réagissent avec le plus de scepticisme ou d’indifférence. Mais je me dis qu’il doit être incompréhensible pour certaines personnes de voir de vieux.ieilles ami.es, partenaires ou compagnons de vie changer, tester de nouvelles choses, se réinventer… Tant pis. On n’a pas besoin d’être toujours compris.e et les magnifiques personnes qui nous offrent volontiers positivité et énergie suffisent à garder le cap…tout en nous donnant à notre tour envie de renvoyer notre énergie vers d’autre personnes !

    Alors je le dis, de l’extérieur ta créativité, ta polyvalence et ton énergie semblent presque illimités, ne laisse surtout pas les « pisse-froid » te freiner ! ;)

    Ps: moi en tout cas j’adore ce type de posts sincères et vivants !

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    1. C’est d’autant plus douloureux quand celles qui sont ou ont été les plus proches de nous sont parfois celles qui réagissent avec le plus de scepticisme ou d’indifférence.

      Exactement. Mon côté primaire ne comprend pas comment une personne alliée peut ainsi se retourner, quasiment du jour au lendemain. Mais cela rejoint l’ego et la jalousie dont je parlais : si l’un·e ou l’autre en vient à ça, c’est peut-être par manque de confiance en soi, et sentiment d’être « menacé·e » (de quoi ? Aucune idée : pour moi, la créativité ne peut que se multiplier, pas se diviser).

      Mais je me dis qu’il doit être incompréhensible pour certaines personnes de voir de vieux.ieilles ami.es, partenaires ou compagnons de vie changer, tester de nouvelles choses, se réinventer… Tant pis.

      Oui, et puis on n’évolue pas forcément au même rythme, surtout quand on ne se voit pas au quotidien. Parfois l’un·e ou l’autre grandit par à-coup, c’est soudain, parfois brutal, et de notre côté nous avons nos propres problématiques/difficultés à gérer, alors quand autrui nous sollicite pour l’aider à gérer sa propre croissance, ça peut faire trop.

      Du reste, je suis persuadée qu’avec de l’honnêteté et de la bienveillance, on peut venir à bout de toute difficulté relationnelle. Mais encore faut-il que ce soit une volonté partagée par les deux personnes réunies par la relation. Ce qui n’est pas toujours le cas (et c’est ça qui fait du mal, quand tu réalises que tu as plus envie que l’autre que la relation s’épanouisse).

      On n’a pas besoin d’être toujours compris.e et les magnifiques personnes qui nous offrent volontiers positivité et énergie suffisent à garder le cap…tout en nous donnant à notre tour envie de renvoyer notre énergie vers d’autre personnes !

      Oui !

      Merci beaucoup pour tes mots et tes encouragements, qui m’apportent beaucoup de réconfort.

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      1. « pour moi, la créativité ne peut que se multiplier, pas se diviser »

        Oui, c’est exactement ça ! Une phrase à retenir !

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        1. Elle n’est pas de moi, je l’ai lue dans le dernier numéro de Uppercase ! :)

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  6. Le passage sur le pardon est une vraie claque ! Je vais le noter et le relire souvent pour que ce soit ancré en moi (en tout cas je vais essayer ^^)

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    1. Oui, je l’emprunte moi-même à d’autre, et je confirme que le réécrire à sa sauce aide à l’ancrer en soi et à y réfléchir.

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  7. Il est touchant ce billet et, bien sûr, plusieurs passages m’ont particulièrement parlé. Je me rends compte en te lisant du réel pouvoir de ma chambre d’ado. Je l’aimais cette chambre, j’y passais le plus clair de mon temps parce que j’étais plutôt casanière (je ne sais pas vraiment si c’était par choix ou non). Je l’ai quittée à 17 ans en déménageant avec ma famille et je n’ai jamais retrouvé la même chose après. Aujourd’hui j’ai beau être propriétaire de ma maison, je ne vis plus ça du tout. Peut-être parce que mon bureau est dans le salon. Il me faut ma pièce.

    Et puis cette histoire de résilience, en quelque sorte, via l’utilisation qu’on fait d’Internet. Je suis moi-même en plein changement. Sur Twitter j’efface régulièrement mes tweets, j’essaie de ne plus rentrer dans des débats politiques et sociétaux parce que mes convictions, mes recherches et mon militantisme me suffisent, j’ai désormais besoin de repos. Choisir aussi de ne pas répondre à quelqu’un parce que je ne suis pas tenue de parler à tout le monde sous prétexte qu’on est sur un réseau social.

    Donc oui, je ressens aussi de moins en moins le besoin de prouver des choses. Beaucoup de choses restent à faire mais ça s’améliore et c’est chouette de s’en rendre compte.

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    1. Aujourd’hui j’ai beau être propriétaire de ma maison, je ne vis plus ça du tout. Peut-être parce que mon bureau est dans le salon. Il me faut ma pièce.

      Je comprends ! Quand je vivais à Paris, c’était mon cas. Mon bureau était dans le salon. Bon, étant solitaires, on recevait de toute façon peu de monde, donc concrètement j’y étais souvent seule.

      Mais ça restait la pièce où on mangeait, et où je ne pouvais jamais complètement m’isoler malgré tout, surtout le soir.

      Je ne m’en rendais pas forcément compte sur le moment (cette période reste une période où j’ai beaucoup blogué sur mon autre blog, donc je n’avais pas le sentiment de « ne rien créer »), mais rétrospectivement, 5 ans plus tard, maintenant que j’ai un grand bureau rien qu’à moi en Bretagne, hé bien… force m’est de constater que cette solitude choisie et retrouvée m’a énormément aidée à renouer avec ma créativité. (C’est ici que je me suis mise à l’aquarelle, que j’ai repris le dessin, que j’ai relancé LLM, etc.)

      Donc oui, ça n’est sans doute pas anodin. D’ailleurs, j’en reviens à parler de La Poudre, mais les réponses des invité·es à la question « Avez-vous accès à votre chambre à vous ? » sont toujours intéressantes.

      Sur Twitter j’efface régulièrement mes tweets, j’essaie de ne plus rentrer dans des débats politiques et sociétaux parce que mes convictions, mes recherches et mon militantisme me suffisent, j’ai désormais besoin de repos.

      Oui ! Réfléchir à tout ça, lire et faire ses propres recherches prend du temps et demande de l’énergie. Pourquoi devrait-on, en plus, en consacrer le double voire le triple à répondre à des cons ?

      Quand je lis les témoignages concernant le burn-out militant, je me dis que je fais bien de me préserver. Ce qui ne veut pas dire que je ne milite pas, simplement le militantisme sur Twitter est au-dessus de mes forces. J’en ai déjà fait l’expérience, et cela a été très pénible, donc thanks but no thanks.

      Il existe heureusement plein de manières différentes de militer et d’inviter autrui à réfléchir avec nous aux sujets politiques qui nous tiennent à cœur (je pense à votre émission radio), donc en effet, moins ce besoin de « prouver » des trucs vis-à-vis de modèles que je n’ai pas choisis, et de la part de personne qui ignorent tout de mon univers.

      Beaucoup de choses restent à faire mais ça s’améliore et c’est chouette de s’en rendre compte.

      Oui ! 💜

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  8. Les relations toxiques sont tellement nombreuses… Et quand on n’a connu que ça en grandissant, que ce soit à travers des modèles ou des amitiés, c’est extrêmement difficile d’ouvrir les yeux. Ça blesse encore plus quand on se rend compte qu’un.e ami.e proche, ou notre moitié, est en fait toxique, passe son temps à nous rabaisser et à chercher le conflit. J’adore la trentaine qui me permet de me déleste de ces personnes sans regret ni même explications. Mon énergie n’est pas à la disposition de ces gens. J’ai encore du chemin à faire avant de pardonner certaines choses, mais ta citation va me donner à réfléchir.

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    1. Salut Audrey ! Toujours un plaisir de te lire.

      Les relations toxiques sont tellement nombreuses… Et quand on n’a connu que ça en grandissant, que ce soit à travers des modèles ou des amitiés, c’est extrêmement difficile d’ouvrir les yeux.

      Oui ! C’est pour ça qu’il est important d’échanger, d’en parler, d’écrire, et de briser la chape de plomb sociale qui voit d’un mauvais œil que l’on parle de choses négatives.

      Alias : c’est parfaitement sain d’en parler, et justement plus on en parle, plus cela aide les un·es et les autres à comprendre que, non, tel ou tel évènement ou comportement n’est pas acceptable.

      En ce sens, allier blog et mélancolie depuis près de 20 ans (👵🏻) m’a non seulement permis de mieux comprendre mes émotions, mais aussi d’en parler avec d’autres personnes qui ressentent la même chose. Et cela a toujours été d’un grand réconfort, n’ayant pas forcément, au quotidien, l’occasion de m’étendre autant.

      Mon énergie n’est pas à la disposition de ces gens.

      Oui ! Cela rejoint les « j’ai pas votre temps » sur le Twitter militant. À un moment, il faut apprendre à trancher, on comprend que notre temps et notre énergie sont éminemment précieuses, et qu’on se fait du mal en les canalisant sur des cas désespérés.

      Il faut se préserver, soi, avant tout. Et, donc, oui, cela nécessite de faire régulièrement des bilans et des ajustements.

      Pour ma part, plus le temps passe plus je me rends compte qu’on a de toute façon peu de véritables ami·es (tu sais quand on dit qu’iels se comptent sur les doigts d’une main, hé bien c’est vrai). Donc, je prends soin de ce microcosme bienveillant, et pour le reste, je prends ce qui vient, en essayant d’attendre le moins possible des autres. Sinon, je suis toujours déçue…

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  9. Merci d’avoir publié ce billet, un blog personnel est aussi fait pour partager ses ressentis!
    Comme dit, j’ai beaucoup aimé le passage sur le pardon auquel j’adhère complètement!
    Et le paragraphe sur une chambre à soi, ouah le frisson! toute mon adolescence et mes années fac me sont revenus en pleine poire, moi qui était si solitaire et qui le suit encore parfois! j’ai effectivement toujours ce besoin d’avoir mon coin tranquille, mais je n’y avais pas prêté plus attention que ça!

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    1. Merci beaucoup, Vanessa !

      Je ne sais pas par quel tour de magie j’arrive à faire résonner un texte très personnel chez les autres, mais je ressens beaucoup de gratitude pour cela.

      Avoir une chambre à soi est tellement important, non seulement quand on grandit, mais aussi ensuite.

      Pour ma part, le choix de ne pas avoir d’enfant répond à ce besoin fondamental de pouvoir rester seule pendant de longues périodes, sans être interrompue ou dérangée. Et puis j’écoute les témoignages d’amies et connaissances ayant des enfants, plus je suis convaincue que j’ai raison…

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      1. oui tu y parviens très bien ;)
        pour ton choix de ne pas avoir d’enfant, si tu le ressens tu as complètement raison de ne pas t’imposer une décision prise en dehors de tes ressentis. J’ai un fils de 2ans, je ne regrette pas ce choix, mais il est vrai que je dois mettre entre parenthèses ce besoin d’isolement, heureusement j’arrive à me réserver du temps pour moi maintenant, et cela me fait un bien fou! mais je comprends tout à fait ton point de vue, ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on doit devenir une mère, c’est un choix, pas une obligation même si la société cherche à nous dire le contraire ;)

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        1. Preach, sister 👊🏻

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  10. J’aime bien l’idée que tant qu’on respire, on a le temps de faire les choses, moi qui ai tendance à m’auto-flageller d’être à la traîne par rapport à une norme idéale de vie.

    Ayant longtemps partagé une chambre à deux quand j’étais enfant, je mesure l’importance de la « chambre à soi » au sens propre autant qu’au figuré. J’ai besoin de longs moments de repli et de tranquillité pour me ressourcer. D’ailleurs ma chambre (la vraie) a bien besoin d’une épuration que je procrastine depuis un bon moment, alors que l’ordre contribue à mon sentiment de bien-être (j’ai besoin d’être dans une place nette pour avoir les idées claires) . L’été m’a donné envie de faire un bon coup de ménage numérique, le rangement par le vide suivra peut-être…#cétaitmieuxavant

    Continue à créer et expérimenter ce que tu aimes. Ton univers est très riche et des blogs ayant une personnalité propre se font rares.

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    1. J’aime bien l’idée que tant qu’on respire, on a le temps de faire les choses, moi qui ai tendance à m’auto-flageller d’être à la traîne par rapport à une norme idéale de vie.

      Ouais, je comprends très bien, surtout qu’on vit à une époque où on nous bourre grave le mou avec « le développement personnel » et autres Marie Kondo, régime paléo, méthode Pomodoro et j’en passe. Et si vous nous foutiez la paix, en fait ?…

      De même, la blogosphère et les réseaux sociaux, en particulier Instagram, peuvent devenir ultra toxiques lorsqu’ils se font les chantres d’un mode de vie policé et quasiment dicatorial. Je ne peux m’empêcher de citer à nouveau Titiou Lecoq :

      cette suite interminable de photos d’intérieur aussi parfaitement identiques les uns aux autres me donne l’impression d’une maladie mentale. Il y a une forme de fascisme dans cette esthétique.

      Bref, outre nos propres problématiques, nous devons aussi maintenant faire l’effort de prendre du recul de manière systématique sur les images et les textes dont on nous bombarde.

      D’ailleurs ma chambre (la vraie) a bien besoin d’une épuration que je procrastine depuis un bon moment, alors que l’ordre contribue à mon sentiment de bien-être (j’ai besoin d’être dans une place nette pour avoir les idées claires).

      Je comprends ! Un jour ça va te prendre, tu vas mettre dans un coin tous les trucs dont tu ne veux plus, ouvrir de grands sacs poubelle, balancer les choses trop anciennes, et mettre sur Le Bon Coin ou Geev tout le reste…

      En attendant, ne culpabilise pas si tu n’as pas encore trouvé le temps et/ou l’énergie de le faire. Ranger est extrêmement prenant, car cela demande du travail matériel mais aussi psychologique (comme un gros déménagement). Or on n’est pas toujours en capacité de fournir ce travail, mais ce n’est pas grave et cela ne dit rien de nous. Chaque chose en son temps.

      Commencer par un ménage numérique est une très bonne idée ! Il y a beaucoup de surcharge émotionnelle et de toxicité qui proviennent de là. On a toutes et tous besoin, de temps en temps, de tondre la pelouse. :)

      Continue à créer et expérimenter ce que tu aimes. Ton univers est très riche et des blogs ayant une personnalité propre se font rares.

      Merci ! 💜

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  11. J’ai le pardon assez facile (pas toujours hein), pas tant parce que je suis une âme généreuse que parce qu’en vouloir à quelqu’un m’épuise réellement. Il arrive que l’énergie revenant, je me rende compte que des petits morceaux de rancœur sont encore présents, comme ces bouts de verre dont on arrive pas toujours à bien se débarrasser.

    Donc forcément, cette phrase me parle beaucoup.

    Ça ne m’empêche par contre pas de couper les ponts même après avoir pardonné. Je pense que la perspective de ne plus interagir régulièrement avec une personne m’aide en fait. Je te pardonne, mais dégage de ma vie maintenant !

    Sur la chambre à soi, je n’ai pas eu ce rapport physique avec ma chambre quand j’étais adolescente (la notion d’intimité est toute relative dans les familles viêt tradi). Ce qui s’en rapproche le plus, dans le monde physique, ce sont les temps passés en Croatie, seule. C’est une temporalité à part et un lieu extrêmement chargé de souvenirs et d’émotions.

    Le blog est son pendant numérique, même si j’ai encore beaucoup à faire pour le rendre confortable. D’ailleurs, je préparais un billet de blog qui a pour titre « Le blog, une chambre à soi  » parce que j’étais très séduite par l’idée (découverte dans La Poudre justement). J’ai d’ailleurs prévu de lire l’essai de Woolf avant de publier le billet. J’espère le sortir cet été ^^

    Quant aux projets et aux aspirations qui me tiennent à cœur, je crois qu’il est très rare que j’en parle aux gens. Je suis quelqu’un de très farouche. J’ai toujours eu peur de les voir écraser ce qui est encore un fragile bourgeon dans ma tête.

    C’est moins le cas maintenant, sans doute parce qu’une des aspirations que j’avais, je la réalise au quotidien et que ça dépasse clairement les attentes que j’avais. Je pense que j’ai énormément gagné en assurance grâce aux personnes que j’ai pu rencontrer et à ce que j’ai pu faire avec leur soutien.

    Et sinon, les photos sont superbement bien choisies (et très chouettes) !

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    1. Merci beaucoup pour ton rebond, Llu ! 😘

      J’ai le pardon assez facile (pas toujours hein), pas tant parce que je suis une âme généreuse que parce qu’en vouloir à quelqu’un m’épuise réellement. Il arrive que l’énergie revenant, je me rende compte que des petits morceaux de rancœur sont encore présents, comme ces bouts de verre dont on arrive pas toujours à bien se débarrasser

      J’aime beaucoup cette image, et j’admire ton altruisme, puisque tu pardonnes facilement, même si cela te coûte quelques états d’âme par contre-sort ensuite.

      Ça ne m’empêche par contre pas de couper les ponts même après avoir pardonné. Je pense que la perspective de ne plus interagir régulièrement avec une personne m’aide en fait. Je te pardonne, mais dégage de ma vie maintenant !

      Oui… Le pardon n’empêche pas l’éloignement voire la fin de la relation. C’est tout à fait cohérent quand on pense le pardon comme une faveur (je ne sais pas si c’est le mot exact que je cherche) qu’on s’accorde à soi avant tout.

      Moi, j’avoue être plus du genre rancunière, team dent dure qui pardonne difficilement mais qui quitte une relation moisie du jour au lendemain sans souci.

      Je passe du coq à l’âne, mais j’aime beaucoup ta transition entre tes longs moments à toi en Croatie, et ton blog. Et je suis d’ores et déjà impatiente de lire ton billet « Le blog, une chambre à soi » – quel titre !

      Et au passage je te remercie d’avoir inclus l’astre pourpre dans tes superliens, ainsi que pour la description personnelle qui me touche beaucoup.

      Je suis quelqu’un de très farouche.

      J’aime beaucoup cet adjectif ! Et, c’est vrai, qu’il te qualifie assez bien (même si ne t’ai jamais perçue comme cela de prime abord).

      Je pense que j’ai énormément gagné en assurance grâce aux personnes que j’ai pu rencontrer et à ce que j’ai pu faire avec leur soutien.

      Cela se ressent ! D’ailleurs, toi aussi tu es une de ces personnes qui encouragent et dont le contact contribue à prendre confiance en soi.

      Et sinon, les photos sont superbement bien choisies (et très chouettes) !

      Merci beaucoup ! Cela a été un casse-tête, j’en avais tant… J’apprends doucement à aller davantage à l’essentiel, je crois :)

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  12. La premiére partie de l’article sur la toxicité et les jalousies m’a tellement bouleversée que je suis revenue plusieurs jours aprés lire la suite, histoire de digérer. Je ne saurai l’expliquer, mais les images font un écho particulièrement fort aux mots et tout cela me bouleverse. Je me passionne pour la communication non-violente dernièrement, et cela a accru ma conscience de la souffrance contenue dans la pluspart des méchancetés et bassesses. Maintenant l’hypersensible que je suis souffre une première fois du message blessant, puis une seconde fois pour l’autre…
    La musicalité de tes mots me ravie, je fais tourner certaines phrases dans ma bouche avec délectation et j’ai la sensation de rater parfois un sens caché…
    Merci et j’espère que tu continueras longtemps à écrire, car chacune de tes publication est pour moi une grande inspiration.

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    1. Chère Kellya,

      La premiére partie de l’article sur la toxicité et les jalousies m’a tellement bouleversée que je suis revenue plusieurs jours aprés lire la suite, histoire de digérer. Je ne saurai l’expliquer, mais les images font un écho particulièrement fort aux mots et tout cela me bouleverse.

      J’en suis bien désolée ! Je ne me rends jamais bien compte de l’impact que peuvent avoir mes écrits ; quand je les écris, j’ai déjà bien digéré les émotions immenses qui leur ont donné naissance (étant moi aussi hypersensible).

      Outre ça, j’essaie de ne pas me mettre dans les bottes des personnes qui lisent ce que j’écris, car cela me fait du mal sur la durée.

      Mais je suis évidemment touchée par ce que tu me dis, et je te remercie d’avoir fait preuve de tant de vulnérabilité dans ton message.

      La musicalité de tes mots me ravie, je fais tourner certaines phrases dans ma bouche avec délectation et j’ai la sensation de rater parfois un sens caché…
      Merci et j’espère que tu continueras longtemps à écrire, car chacune de tes publication est pour moi une grande inspiration.

      Merci infiniment ! 🙏🏻 C’est un très beau compliment. Merci à toi de me lire au fil du temps, et d’arriver à lire entre les lignes, de cœur à cœur.

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  13. Wow, ton article est génial ! Il aborde beaucoup de sujets différents et il me fait réfléchir, notamment sur le pardon. Je n’avais jamais vraiment vu les choses comme cela, et c’est une belle vision que je vais essayer d’avoir. La chambre d’ado, c’est un cocon, c’est vrai. La mienne en tout cas (j’ai 16 ans donc on peut dire que je suis ado). Je m’y sens bien.
    Ioulia (avant j’étais Nymeria, j’ai déjà commenté ici)

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    1. Merci beaucoup, Ioulia-Nyméria ! Je suis heureuse d’assister, de loin, à ta propre mue, et de voir que tu t’épanouis autant dans l’écriture.

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  14. Ton univers et tes photos qui illustrent tes mots sont de plus en plus beaux et inspirants.
    J’aime vraiment venir ici, sur l’astre violet, où tout est doux et tranquille même s’il y a parfois un peu de mélancolie et de nostalgie.
    « Less is more » comme on dit, mais il en faut du temps et de la volonté pour l’appliquer à soi et à son quotidien.

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    1. Merci beaucoup, Esther ! 🙏🏻 Le net est un meilleur endroit depuis que tes mots rejaillissent.

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  15. Absinthia Taetra

    25 juillet 2019

    Bien le bonsoir.
    Et bien quelle surprise !! Me voilà soudainement réveillée malgré l’accablante canicule !
    Je viens de faire la découverte de ton blog, dans le dédale virtuel.
    Et c’est un réel plaisir que de le parcourir!
    De la bonne lecture en perspective…Prendre le temps de s’imprégner de chaque article à tête reposée. Faire un bond dans le passé , redécouvrir le blog…Un blog qui subsiste au fil du temps:)
    Ce n’est qu’une esquisse, mais je vois que nous avons pas mal de points en communs:
    Ancienne vie Parisienne , nous sommes partis nous nicher au calme en Bretagne avec mon compagnon.
    Nous habitons également en Ile et Vilaine (dans un lieu insolite au silence monacal^^)
    Férus de lieux insolites, de voyages hors des sentiers battus , de photographie, lieux atypiques, telluriques, musées expos, l’archéo et les vieilles pierres, le street art, chiner en brocante et vide grenier, les cabinets de curiosité , manger des livres, des tonnes de livres poussière incluse, l’art décalé…et…Sommes à la botte de nos chats, les maîtres incontestés des lieux!
    Côté musique : Néofolk, dark folk, goth, batcave , new wave, black metal, musique ethnique, chamanique …depuis une bonne vingtaine d’année.
    (Nous ne sommes pas pour autant de vieilles croûtes)

    Mais, parce qu’il y a un mais, plutôt timides…Et beaucoup plus d’aisance sur la toile,
    Car oui malheureusement les gens de notre bourgade sont plutôt austères et grenouilles de bénitier là où nous avons choisi d’élire domicile il y a 2ans. Mais de belles rencontres se tissent…

    Plutôt que de te poser moult questions, je vais de ce pas parcourir ton blog

    « Il n’y a pas de hasard, mais que des rendez vous que l’on ne sait pas lire » Au plaisir d’échanger avec toi.

    Bonne fin de soirée

    Absinthia Taetra

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    1. Je viens de faire la découverte de ton blog, dans le dédale virtuel.
      Et c’est un réel plaisir que de le parcourir!
      De la bonne lecture en perspective…Prendre le temps de s’imprégner de chaque article à tête reposée. Faire un bond dans le passé , redécouvrir le blog…Un blog qui subsiste au fil du temps:)

      Merci beaucoup ! Je le redis, mais ça me fait bien plaisir que tu aies aluni par ici, à nouveau. Les croisées des chemins sont décidément bien surprenantes.

      Côté musique : Néofolk, dark folk, goth, batcave , new wave, black metal, musique ethnique, chamanique …depuis une bonne vingtaine d’année.
      (Nous ne sommes pas pour autant de vieilles croûtes)

      Ahah, bien dit !

      Car oui malheureusement les gens de notre bourgade sont plutôt austères et grenouilles de bénitier là où nous avons choisi d’élire domicile il y a 2ans. Mais de belles rencontres se tissent…

      De mon côté, je suis toujours partante pour une rencontre autour d’une boisson quelconque, si jamais tu as l’occasion de passer sur Rennes.

      Merci encore pour tes chouettes commentaires, que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire !

      Répondre

  16. Ce que ça fait du bien de te lire, tes mots qui échappent à toute standardisation, c’est une bouffée d’air frais !

    « Ne plus prendre part aux débats sur Twitter me préserve de la peur de consulter mes mentions » Ahlala je connais bien ce sentiment et je fais de longues pauses twitter pour éviter ça maintenant. J’ai fait de grosses entorses ces derniers temps lorsque des débats avaient lieu dans des milieux que je connais bien, et que j’avais l’impression de pouvoir m’adresser à des personnes avec qui je serais amené à échanger par la suite, que je connais d’une certaine manière. Mais le lâcher prise est important, c’est rare qu’on ait des choses à dire qui soient absolument indispensables…mais parfois mon petit ego prend le dessus je pense, un petit truc qui vient me titiller pour me dire « mais personne n’a encore dit ça et tu pourrais le faire SI facilement » !

    Ce que tu écris sur le pardon me touche aussi, parce que j’ai un souvenir très net du moment où j’ai perçu, enfant, la difficulté de la chose, à 10 ans je dirais. Jusque là c’était un truc facile, un peu abstrait, c’était se réconcilier avec le petit frère qui m’avait embêté, pas grand chose de plus. Et puis il y a eu l’affaire Cantat, et même enfant c’était dur d’y échapper en écoutant les infos, la radio… A cette période j’allais encore au catéchisme, et le pardon c’était un peu omniprésent. Soudain j’ai réalisé que ce pardon universel impliquait de pardonner de telles personnes, et j’ai buté dessus pour la première fois. Le sens à donner au pardon n’est pas si facile à appréhender, on lit souvent effectivement que c’est davantage une libération qu’on accorde à soi même. Mais malgré tout pour moi il y a une forme d’autorisation donnée à l’autre pour un nouveau départ, il n’est pas absous, mais s’il se sait pardonné, ça renvoie quand-même à un apaisement général : il n’y aura plus d’accusation, plus de démarches entreprises, plus de conflit, plus de rancœur. Je l’envisage pour des personnes qu’on aime ou apprécie malgré tout, mais pour d’autres personnes et d’autres actes, je ne sais pas si c’est possible ou même souhaitable… peut-être peut-on, sans pardonner, prendre soin de soi et se libérer du fardeau (ou est-ce que c’est encore une forme de pardon ? je ne sais pas)

    Répondre

    1. Merci beaucoup, Irène !

      Mais le lâcher prise est important, c’est rare qu’on ait des choses à dire qui soient absolument indispensables…mais parfois mon petit ego prend le dessus je pense, un petit truc qui vient me titiller pour me dire « mais personne n’a encore dit ça et tu pourrais le faire SI facilement » !

      Oui, je connais bien ce sentiment ! Heureusement que toutes les personnes bien qui ont des choses intéressantes à raconter ne lâchent pas l’affaire, c’est ce qui me réconforte un tout petit peu concernant Twitter (même si mon amour aveugle pour cette plateforme est mort il y a longtemps).

      Mais malgré tout pour moi il y a une forme d’autorisation donnée à l’autre pour un nouveau départ, il n’est pas absous, mais s’il se sait pardonné, ça renvoie quand-même à un apaisement général : il n’y aura plus d’accusation, plus de démarches entreprises, plus de conflit, plus de rancœur. Je l’envisage pour des personnes qu’on aime ou apprécie malgré tout

      Tu mets des mots très justes sur tout cela. En te relisant, je prends conscience que le pardon est un acte d’amour, même si c’est gênant de le dire car dans l’absolu, on n’a pas envie d’aimer les gens qui nous ont fait du mal… Ou en tout cas, l’amour que l’on a pu ressentir pour eux en ressort, je crois, entaché pour toujours (mais bon, je suis une grande rancunière).

      Mais je pense quand même que c’est l’amour de l’autre qui nous permet, in fine, de lui pardonner et de passer à autre chose. Mais aussi, et c’est ça que je découvre – l’amour de soi. S’aimer suffisamment pour réaliser qu’on ne mérite pas d’être torturé·e toute notre vie par d’anciennes histoires, pour lesquelles on a déjà pris cher. Quelque chose entre amour et résilience se joue ici, je pense.

      mais pour d’autres personnes et d’autres actes, je ne sais pas si c’est possible ou même souhaitable… peut-être peut-on, sans pardonner, prendre soin de soi et se libérer du fardeau (ou est-ce que c’est encore une forme de pardon ? je ne sais pas)

      C’est intéressant comme questionnement. Personnellement, je pense que oui, c’est tout à fait possible. C’est juste moins altruiste. Mais on n’a pas à l’être sans arrêt, surtout pas pour des personnes abjectes (l’adjectif est sorti tout seul alors que je pense à une personne qui m’a beaucoup blessée et humiliée par le passé). Je ne lui ai pas pardonné, mais je me fiche de cette personne dorénavant comme de l’an 40. Et ÇA c’est une grande victoire personnelle : ne plus accorder le moindre milligramme de charge mentale à ces gens, et continuer à vivre notre meilleure vie. On leur a déjà trop accordé ; justement, me concernant il y a eu trop d’amour, et au final cela m’a rendue trop vulnérable.

      Donc… ouais, en vieillissant, mon cuir devient plus épais, mais je fais bien attention à ne pas laisser la rancœur assombrir mon âme (qui a déjà assez bien à gérer). Ce n’est pas évident, il faut trouver un équilibre, et surtout être bienveillant·e envers soi-même.

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