Ceci est la suite de mon journal #10.

Lundi 27 avril

Ce qui a égayé ma journée :

  • le courrier surprise reçu de la part de Stella Polaris : le livre Éloge du bug. Être libre à l’époque du numérique de Marcello Vitali-Rosati, et une magnifique sérigraphie verte et mauve représentant une pleine lune et une chauve-souris. À la fin de l’intro du livre, les mots « jardin numérique » sont posés : en toute logique, j’ai donc immédiatement mis en pause mes autres lectures du moment pour lire ce livre-là ;
  • le fond d’écran animé avec les otaries sur mon Mac.

Mardi 28 avril

En parlant de liberté à l’ère du numérique, Irène me parle du livre Promesses et utopies. Une anthologie des manifestes du web dirigé par Loup Cellard, qui sort le 7 mai.

J’en profite pour lui demander de me rappeler le nom de l’artiste qui a dessiné l’autocollant « tête de méduse » qu’elle m’a offert et que j’ai collé sur mon bujo : c’est pisaller.art. Apparemment, elle avait produit une série de stickers avec des militantes communistes historiques il y a quelques années, mais je n’en retrouve pas la trace sur Etsy.

Mon carnet à tout est plein, c’est donc le moment d’en commencer un nouveau après mon désormais petit rituel : date, pesée et décoration avec des autocollants.

Mercredi 29 avril

Le semestre de cours de gravure à l’eau-forte touche déjà à sa fin. J’en profite pour replonger ma matrice une énième fois dans le mordant, dans l’espoir d’atténuer le contraste sur la zone marbrée, non vernie.

Matrice et estampe

Le résultat imprimé montre en effet une démarcation un peu plus nette entre cette zone et les coins. Apparemment, je peux encore gagner un peu de contraste, en faisant gaffe à ne pas transformer l’ensemble en une énorme crevée.

Dans les couloirs de l’EESAB, coup de cœur pour les cartes postales trafficotées de Matt Conrod :

Le cartel indique :

Cartes postales chinées, paraffine végétale, dessin à la machine à coudre. (…)

Témoin de déplacements, de liens, d’échanges – la carte postale est le corps voyageur, qui, de manière invisible, dessine des cartes et participe aux écrits intimes et géographiques. Quelques fois tâchée, déchirée, empreinte d’odeurs, elle traverse le paysage et le temps, souligne son vécu et révèle sa fragilité.

Je pense direct au Postcrossing et au Carton voyageur, le musée de la carte postale (Baud, Morbihan).

Jeudi 30 avril

La plus grande preuve d’affirmation de soi, c’est réussir à tenir tête à ses proches et aux personnes que l’on estime.

Vendredi 1er mai

Longue session dessin, à la recherche d’une idée pour le café céramique prévu demain.

J’écoute le nouvel album de Tori Amos, In Times of Dragons, le début est très bien, mais je décroche en milieu de course. Pour moi, c’est trop long (1 h 16) et trop linéaire (toujours le même tempo ?).

Je donnerais cher pour que Tori travaille avec d’autres artistes et producteurices, qu’elle sorte de la prison qu’elle a conçue elle-même. Mais cela fait bien longtemps que je n’y crois plus. Elle le chante elle-même :

I knew a girl who wrote Silent all these years
Where is she?

💔

Mise à jour du 10 mai : j’ai parlé un peu vite, j’écoute l’album en boucle et je le trouve incroyable ! Voici mon avis minute.

Samedi 2 mai

Excellente matinée créative avec Rozenn au café céramique L’Émaillerie, à Rennes.

On choisit un objet en faïence pré-cuite (biscuit) sur lequel on souhaite peindre, et zou, 2 heures de kiff. Ensuite, les pièces seront cuites à 1000 degrés. On pourra les chercher dans 15 jours.

Ce que j’ai apprécié :

  • tout le matériel est fourni : pinceaux, peinture lavable à l’eau, éponges, tampons, etc. ;
  • le prix est raisonnable : on paie seulement le biscuit (à partir de 8 €) et les éventuelles boissons et gourmandises vendues sur place.

Résultat après cuisson

Quelle joie de récupérer ma pièce après émaillage et cuisson quelques semaines plus tard !

Boîte cœur brillante et bien contrastée

Dimanche 3 mai

Il a enfin plu ! Et c’est un soulagement, car la sécheresse fait déjà des dégâts, notamment sur nos viornes. Espérons que l’on récupère assez d’eau de pluie avant le prochain épisode de canicule.

Antidotes

  • Les viornes en fleurs et notre azalée rose pastel
  • Les Weetabix
  • Les linogravures arc-en-ciel de Hellgy
  • Observer les danses nuptiales parfois surprenantes des oiseaux du jardin
  • Le soir, laisser mon téléphone dans une autre pièce
  • Les coquillettes au Maggi
  • Relire mes carnets, surtout mes carnets de voyage
  • Tester la robustesse des eleagnus…
  • Papoter toute une après-midi avec Aline
  • Retrouver ma carte de membre du fan club de X Files (1998)
  • La crème brûlée à la pistache

Pour lire la suite, c’est par là : florilège #1.

Marie

Déjà 8 commentaires

  1. Delphine M.

    11 mai 2026

    J’ai envoyé des cœurs à plein de moments en lisant ce journal. En particulier : la fin de ton carnet, ta gravure qui avance diablement bien et la sagesse du 30 avril, la photo de la coupelle d’eau des oiseaux

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    1. Cœurs reçus et appréciés ! Merci Delphine 🐦

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  2. Amusant, je parlais de Tori Amos hier, me disant que je n’avais pas écouté depuis longtemps et ne sachant pas ce qu’elle devenait. Je confirme, j’ai décroché aussi…

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    1. Après plusieurs jours d’écoute intense, je suis en train de revoir mon jugement initial sur In Times of Dragons : c’est l’album « le plus Tori » depuis bien longtemps. Hormis Stronger Together (pourquoi diable avoir choisi cette chanson-là comme single, mystère), tout est intéressant, et même très touchant et captivant par moment.

      Je dirais qu’elle est renoue enfin avec sa « dark Bösendorfer era », qu’il y a même des tonalités très Boys for Pele, et que le discours est bien plus féministe et assumé que sur nombre d’albums précédents. Mes préf’ : Shush, In Times of Dragons, St. Teresa, Veins, 23 Peaks.

      En fait, j’ai l’impression qu’elle réécrit enfin à nouveau sur elle et ses émotions. Et ça me touche un milliard de fois plus que l’espèce de storytelling un peu tiré par les cheveux sur lequel elle nous fait somnoler depuis vingt ans…

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  3. Hyper important le 30 avril, bravo !

    Tout ce qui est à la pistache ne peut être que bon :D
    J’adore avoir des updates du jardin, ça me rappelle à chaque fois qu’il faudrait que je parle du mien ^^ »

    Ton eau forte rend si bien ! Je trouve que tous les motifs renforcent cette idée aquatique !

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    1. Merci, chère amie ! Je serais très heureuse que tu parles de ton jardin sur ton blog. J’apprécie déjà beaucoup tes stories végétales, mais tes photos et impressions méritent un autre écrin.

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  4. Mais quelle surprise de voir ce journal #11 pour mon plus grand bonheur! Je voulais parler de la beauté de tes créations artistiques, d’à quel point tu m’inspires mais j’ai bloqué sur la crême brulée à la pistache !!! Cette information ne pourra plus sortir de mon esprit dès aujourd’hui.

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    1. Ahah je comprends, c’est complètement irrésistible, comme dessert. Merci pour ce mot si chou !

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